Les animaux comptent-ils autant que nous ?
Souffrance, droits, viande et dignité humaine
Les animaux comptent-ils autant que nous ? Les philosophes y donnent 4 grandes réponses : leur souffrance compte autant, ils ont des droits, devoir de compassion et l'humain d'abord. AskPhilosophy présente 17 arguments, de Mahāvīra (enseignement recueilli dans l'Ācārāṅga Sūtra) à Martha Nussbaum, reconstruits pas à pas, testés par la logique et vérifiés mot pour mot dans leurs textes originaux.
Les 4 réponses possibles
Chaque colonne est une manière de répondre à la question : ce qu'elle soutient et les philosophes qui la défendent. Clique sur une colonne pour ne voir que ses arguments.
Une souffrance égale compte également, quelle que soit l'espèce.
Mahāvīra (enseignement recueilli dans l'Ācārāṅga Sūtra), Jeremy Bentham, Peter Singer, John Stuart Mill
Les animaux ne sont pas des choses : ils ont des droits qu'on ne peut pas sacrifier à notre profit.
Tom Regan, Christine Korsgaard, Martha Nussbaum
Nous leur devons de la bonté et de ne pas être cruels, sans qu'ils soient nos égaux.
Schopenhauer, Moïse Maïmonide, Michel de Montaigne, Plutarque…
Seuls les êtres raisonnables comptent pour eux-mêmes ; nos devoirs envers les animaux sont indirects.
Aristote, René Descartes, Kant, Peter Carruthers
Les arguments
Clique sur un argument pour le voir pas à pas, avec les objections et les réponses.
Leur souffrance compte autant
Une souffrance égale compte également, quelle que soit l'espèce.
4 argumentsTous les êtres aiment la vie et fuient la douleur
Tout être qui sent aime la vie et fuit la douleur comme moi : ce que je ne veux pas subir, il ne le veut pas, quelle que soit sa forme.
Peuvent-ils souffrir ? La seule question qui compte
Ce qui compte moralement est la capacité de souffrir, pas de raisonner ou de parler : beaucoup d'animaux souffrent, comme nous.
Le spécisme : compter les intérêts de tous, quelle que soit l'espèce
Seule la capacité de souffrir compte, pas l'espèce : sinon certains humains seraient moins protégés que des animaux.
Refuser de compter les animaux, c'est refuser de compter les serfs : une pratique qui leur cause plus de douleur que de plaisir à l'homme est immorale
Exclure les animaux parce qu'ils ne sont pas « des nôtres » est le raisonnement qui excluait jadis les esclaves et les serfs.
Ils ont des droits
Les animaux ne sont pas des choses : ils ont des droits qu'on ne peut pas sacrifier à notre profit.
3 argumentsLe sujet d'une vie : les animaux ont des droits, pas seulement des intérêts
Les animaux sujets d'une vie ont une valeur propre, et on ne doit jamais les traiter comme de simples ressources.
Les animaux sont des fins en soi : nous leur devons des droits
Ce qui rend nos buts importants, c'est que les choses peuvent être bonnes ou mauvaises pour nous, et les animaux sont dans le même cas.
La justice est due à tout animal capable de souffrir : il doit pouvoir s'épanouir à sa manière
Tout animal sensible cherche à vivre bien à sa manière ; l'injustice, c'est d'entraver cet effort, et ils ne peuvent pas se défendre seuls.
Devoir de compassion
Nous leur devons de la bonté et de ne pas être cruels, sans qu'ils soient nos égaux.
6 argumentsLa pitié, fondement de la morale, s'étend aux animaux
Le seul motif vraiment moral est la pitié, et elle s'adresse à toute souffrance, donc aussi à celle des animaux.
La douleur de la bête est comme la nôtre : on n'égorge pas la mère et le petit le même jour
L'amour d'une mère pour son petit vient d'une faculté que les bêtes ont aussi, pas de la raison : sa douleur est donc pareille à la nôtre.
« Un général devoir d'humanité » envers les bêtes
Les bêtes vivent, sentent et vivent avec nous : nous leur devons au moins de la bonté.
Pour un peu de chair, on prive un être de la lumière et de la vie
Nous avons de quoi nous nourrir sans tuer : manger de la chair prive un être vivant de sa vie sans aucune nécessité.
Le premier échelon : ne plus tuer pour manger
La vie morale est une échelle : elle commence par la tempérance, et la tempérance par ne plus tuer sans nécessité pour manger.
Entre l'homme et l'animal, une différence de degré et non de nature
Les animaux sentent plaisir, peine, amour, mémoire comme nous, à un moindre degré : notre sympathie, qui s'élargit, doit aller jusqu'à eux.
L'humain d'abord
Seuls les êtres raisonnables comptent pour eux-mêmes ; nos devoirs envers les animaux sont indirects.
4 argumentsLa nature fait les plantes pour les animaux et les animaux pour l'homme
La nature ne fait rien en vain : si les plantes nourrissent les animaux et les animaux servent l'homme, c'est qu'elle les a faits pour cela.
Les bêtes sont des machines : elles n'ont pas de pensée
Si une bête pensait, elle le montrerait par des paroles ou des signes ; aucune ne l'a jamais fait, même la mieux née.
Nos devoirs envers les animaux sont indirects : ce sont des devoirs envers nous-mêmes
Les animaux ne sont pas raisonnables, mais être cruel envers eux affaiblit en nous la compassion, qui sert la morale.
La morale est un contrat entre êtres raisonnables : les animaux n'ont pas de droits directs
Si la morale est l'ensemble des règles que des êtres raisonnables accepteraient entre eux, seuls ceux-ci ont des droits directs.
Les positions des autres philosophes arrivent au fil des fiches. Aucune position n'est présentée comme gagnante.