Les bêtes sont des machines : elles n'ont pas de pensée
L'animal-machine ; les bêtes-machines
Les bêtes n'ont pas de pensée : c'est la nature qui agit en elles, selon la disposition de leurs organes, comme dans une machine.
Si une bête pensait, elle le montrerait par des paroles ou des signes ; aucune ne l'a jamais fait, même la mieux née.
« Les bêtes sont des machines : elles n'ont pas de pensée » est un argument de Descartes (Discours de la méthode, V, 1637 ; lettres à Newcastle (1646) et à More (1649), 1637) sur la question « Les animaux comptent-ils autant que nous ? » (réponse : l'humain d'abord). Sa thèse : Les bêtes n'ont pas de pensée : c'est la nature qui agit en elles, selon la disposition de leurs organes, comme dans une machine. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P1). AskPhilosophy présente 5 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Pour Descartes, le corps d'un animal est une machine, un mécanisme très fin comme une horloge. Reste à savoir si l'animal, en plus, pense. Descartes répond que non, pour deux raisons. D'abord, aucun animal n'a jamais utilisé des mots ou des signes pour dire ce qu'il pense, alors que tout homme le fait, même un sourd-muet : ce n'est pas faute d'organes, puisque les perroquets prononcent des mots. Ensuite, ce que les animaux font de merveilleux, parfois mieux que nous, s'explique par la disposition de leurs organes, comme une horloge qui donne l'heure plus juste que nous. Une nuance compte beaucoup, et Descartes la souligne dans sa lettre de 1649 à Henry More : il nie la pensée, pas la vie ni la sensation au sens de mouvement du corps (la sensation « en tant qu'elle dépend de l'organe corporel »). Il dit aussi qu'on ne peut pas démontrer que les bêtes ne pensent pas : il juge seulement que c'est ce qui est le plus probable. Or, pour lui, penser veut dire tout ce dont on a conscience (Principes I, 9). Dans la question « Les animaux comptent-ils autant que nous ? », cet argument soutient le camp « L'humain d'abord » : si les bêtes ne pensent pas, on ne leur doit rien comme à des êtres pensants. Les spécialistes discutent de ce que Descartes leur accorde au juste (notre résumé).
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Sans la prémisse implicite : Sans P1, l'ordinateur trouve un cas où la bête ne parle pas et agit comme une machine, et où pourtant elle pense : une pensée silencieuse, sans aucune trace que nous sachions lire. L'argument ne montre l'absence de pensée que si l'on admet que toute pensée se montre.
Objections
5Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Michel de Montaigne 1580 · attaque la prémisse 2Quand il joue avec sa chatte, qui sait si elle ne passe pas son temps avec lui plus qu'il ne le fait avec elle ? Nous nous amusons mutuellement de nos singeries : s'il a son heure pour commencer ou refuser, elle a la sienne. Nous ne savons donc pas ce que les bêtes se disent ni ce qu'elles nous disent.
Descartes répond
Quand il joue avec sa chatte, qui sait si elle ne passe pas son temps avec lui plus qu'il ne le fait avec elle ? Nous nous amusons mutuellement de nos singeries : s'il a son heure pour commencer ou refuser, elle a la sienne. Nous ne savons donc pas ce que les bêtes se disent ni ce qu'elles nous disent.
JJean de La Fontaine 1679 · attaque la prémisse 3Dans son poème à Mme de La Sablière, il résume la thèse (la bête est une machine, tout se fait « par ressorts », sans sentiment ni âme), puis donne des exemples qui l'embarrassent. Un vieux cerf poursuivi lance un jeune cerf à sa place pour égarer les chiens : « Que de raisonnements pour conserver ses jours ! » Pour lui, de telles ruses sont dignes des plus grands chefs et ne ressemblent pas à des rouages.
Descartes répond
Dans son poème à Mme de La Sablière, il résume la thèse (la bête est une machine, tout se fait « par ressorts », sans sentiment ni âme), puis donne des exemples qui l'embarrassent. Un vieux cerf poursuivi lance un jeune cerf à sa place pour égarer les chiens : « Que de raisonnements pour conserver ses jours ! » Pour lui, de telles ruses sont dignes des plus grands chefs et ne ressemblent pas à des rouages.
Jeremy Bentham 1789 · attaque la conclusionCe n'est pas la bonne question. Un cheval ou un chien adulte est de loin plus raisonnable et plus bavard qu'un bébé d'un jour, d'une semaine ou d'un mois. Mais même s'il en était autrement, cela ne changerait rien : la question n'est pas « Peuvent-ils raisonner ? », ni « Peuvent-ils parler ? », mais « Peuvent-ils souffrir ? ».
sans réponse
Ce n'est pas la bonne question. Un cheval ou un chien adulte est de loin plus raisonnable et plus bavard qu'un bébé d'un jour, d'une semaine ou d'un mois. Mais même s'il en était autrement, cela ne changerait rien : la question n'est pas « Peuvent-ils raisonner ? », ni « Peuvent-ils parler ? », mais « Peuvent-ils souffrir ? ».
DDéclaration de Cambridge sur la conscience 2012 · attaque la conclusionUn groupe de neuroscientifiques a déclaré que les preuves convergentes montrent que les animaux non humains ont les bases neuroanatomiques, neurochimiques et neurophysiologiques des états conscients, ainsi que la capacité d'avoir des comportements intentionnels. Pour Descartes, penser veut dire tout ce dont on a conscience : si la déclaration est juste, les animaux pensent au sens cartésien.
sans réponse
Un groupe de neuroscientifiques a déclaré que les preuves convergentes montrent que les animaux non humains ont les bases neuroanatomiques, neurochimiques et neurophysiologiques des états conscients, ainsi que la capacité d'avoir des comportements intentionnels. Pour Descartes, penser veut dire tout ce dont on a conscience : si la déclaration est juste, les animaux pensent au sens cartésien.
DDéclaration de New York sur la conscience animale 2024 · attaque la conclusionDouze ans plus tard, des chercheurs et philosophes ont écrit qu'il existe un solide appui scientifique pour attribuer une expérience consciente aux autres mammifères et aux oiseaux. Ils ajoutent qu'il y a au moins une possibilité réaliste d'expérience consciente chez tous les vertébrés et chez de nombreux invertébrés.
sans réponse
Douze ans plus tard, des chercheurs et philosophes ont écrit qu'il existe un solide appui scientifique pour attribuer une expérience consciente aux autres mammifères et aux oiseaux. Ils ajoutent qu'il y a au moins une possibilité réaliste d'expérience consciente chez tous les vertébrés et chez de nombreux invertébrés.