« Un général devoir d'humanité » envers les bêtes
Le devoir d'humanité envers les animaux ; l'horreur de la cruauté
Nous avons envers les bêtes « un général devoir d'humanité » : de la bonté et de la bienveillance, et le refus de la cruauté, même si la justice proprement dite n'est due qu'aux hommes.
Les bêtes vivent, sentent et vivent avec nous : nous leur devons au moins de la bonté.
« « Un général devoir d'humanité » envers les bêtes » est un argument de Michel de Montaigne (Essais, II, 11 « De la cruauté » (1580) ; II, 12 « Apologie de Raimond Sebond », 1580) sur la question « Les animaux comptent-ils autant que nous ? » (réponse : devoir de compassion). Sa thèse : Nous avons envers les bêtes « un général devoir d'humanité » : de la bonté et de la bienveillance, et le refus de la cruauté, même si la justice proprement dite n'est due qu'aux hommes. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3). AskPhilosophy présente 2 objections, dont 0 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Dans « De la cruauté », Montaigne dit son horreur de la cruauté, la chose qu'il hait le plus. Il l'étend aux animaux : il ne supporte pas de voir tuer une bête sans nécessité, et il pense que se plaire à leur souffrance est le signe d'une inclination à l'inhumanité. Il ne dit pas que les animaux sont nos égaux. Il dit que nous devons la justice aux hommes, et « la grâce et la bénignité » aux autres créatures qui en sont capables. Son argument est modeste et humain : les bêtes vivent, sentent, jouent avec nous, et ne sont pas si éloignées de nous que notre orgueil le croit. Dans la question « Les animaux comptent-ils autant que nous ? », il défend le camp « Devoir de compassion ».
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Sans la prémisse implicite : Sans P3, l'ordinateur trouve un cas où les bêtes sentent et vivent avec nous, sans que nous leur devions la moindre bonté : le lien de fait ne suffit pas à créer un devoir. C'est P3 qui passe du « il y a un commerce » au « il faut être bon ».
Objections
2Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
René Descartes 1637 · attaque la prémisse 1Il soutient que les bêtes n'ont pas d'esprit du tout : ce qu'elles font mieux que nous ne prouve pas qu'elles pensent, mais que « c'est la nature qui agit en elles selon la disposition de leurs organes », comme une horloge compte les heures plus justement que nous. Si les bêtes sont comme des machines, la ressemblance et le lien dont parle Montaigne tombent.
sans réponse
Il soutient que les bêtes n'ont pas d'esprit du tout : ce qu'elles font mieux que nous ne prouve pas qu'elles pensent, mais que « c'est la nature qui agit en elles selon la disposition de leurs organes », comme une horloge compte les heures plus justement que nous. Si les bêtes sont comme des machines, la ressemblance et le lien dont parle Montaigne tombent.
Emmanuel Kant 1797 · attaque la conclusionIl donne raison à Montaigne sur la cruauté, mais en change la raison. Être violent et cruel envers les animaux est contraire au devoir de l'homme envers lui-même, parce que cela émousse la compassion pour leurs souffrances, une disposition utile à la moralité envers les autres hommes. Les animaux ne reçoivent donc que des devoirs indirects.
sans réponse
Il donne raison à Montaigne sur la cruauté, mais en change la raison. Être violent et cruel envers les animaux est contraire au devoir de l'homme envers lui-même, parce que cela émousse la compassion pour leurs souffrances, une disposition utile à la moralité envers les autres hommes. Les animaux ne reçoivent donc que des devoirs indirects.