Pour un peu de chair, on prive un être de la lumière et de la vie
L'argument végétarien de Plutarque ; pourquoi Pythagore s'abstenait de chair
C'est de manger de la chair qu'il faut s'étonner, pas de s'en abstenir : nous devons nous en abstenir.
Nous avons de quoi nous nourrir sans tuer : manger de la chair prive un être vivant de sa vie sans aucune nécessité.
« Pour un peu de chair, on prive un être de la lumière et de la vie » est un argument de Plutarque (Moralia, « Sur l'usage des viandes » (De esu carnium), I et II, vers 100, 100) sur la question « Les animaux comptent-ils autant que nous ? » (réponse : devoir de compassion). Sa thèse : C'est de manger de la chair qu'il faut s'étonner, pas de s'en abstenir : nous devons nous en abstenir. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
On demande souvent : pourquoi Pythagore s'abstenait-il de manger de la chair ? Plutarque renverse la question dès la première ligne : ce qui l'étonne, lui, c'est de savoir quel motif, ou quel courage, a poussé le premier homme à approcher de ses lèvres la chair d'une bête morte. Les premiers hommes pouvaient s'excuser par la nécessité. Nous, dit-il, qui avons en abondance de quoi vivre, nous tuons « pour un peu de chair » : nous retirons à un être la lumière du soleil et la vie auxquelles il a droit par nature. Il ajoute que le corps humain n'est pas fait pour cette nourriture : ni bec crochu, ni griffes, ni dents acérées. Dans la question « Les animaux comptent-ils autant que nous ? », il défend le camp « Devoir de compassion » : il demande de la retenue et de la pitié, sans dire que les animaux sont nos égaux. Les deux discours sont une œuvre de persuasion : certains y voient un exercice d'éloquence, plus qu'un système.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où le meurtre n'est pas nécessaire, retire la vie à l'animal et ne convient pas à notre corps, sans qu'il faille s'en abstenir : ce serait seulement regrettable ou peu sain. C'est P4 qui en fait une faute morale.
Objections
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Chrysippe (d'après Cicéron) 210 av. J.-C. · attaque la conclusionLes stoïciens tiennent que les êtres sans raison sont faits pour les êtres raisonnables, et qu'entre les hommes et les bêtes il n'y a pas de lien de droit : nous ne leur devons donc pas de justice. Ce qu'on fait aux bêtes ne peut donc pas être une injustice.
Plutarque répond
Les stoïciens tiennent que les êtres sans raison sont faits pour les êtres raisonnables, et qu'entre les hommes et les bêtes il n'y a pas de lien de droit : nous ne leur devons donc pas de justice. Ce qu'on fait aux bêtes ne peut donc pas être une injustice.
Aristote 330 av. J.-C. · attaque la prémisse 3Il tient que la nature ne fait rien d'incomplet ni en vain, et que, comme les plantes sont faites pour les animaux, les animaux sont faits pour l'homme : les bêtes apprivoisées pour son usage et sa nourriture, et les sauvages, en grande partie, pour sa nourriture et ses besoins. Pour lui, la nature a donc voulu que nous nous en nourrissions.
sans réponse
Il tient que la nature ne fait rien d'incomplet ni en vain, et que, comme les plantes sont faites pour les animaux, les animaux sont faits pour l'homme : les bêtes apprivoisées pour son usage et sa nourriture, et les sauvages, en grande partie, pour sa nourriture et ses besoins. Pour lui, la nature a donc voulu que nous nous en nourrissions.
Academy of Nutrition and Dietetics (Melina, Craig, Levin) 2016 · attaque la prémisse 1Dans son avis sur les régimes végétariens, cette société savante conclut que des régimes végétariens, y compris végétaliens, bien planifiés, peuvent convenir à toutes les étapes de la vie. Cela appuie l'idée de Plutarque que la chair n'est pas nécessaire. Mais l'avis ajoute que les végétaliens doivent veiller à avoir une source fiable de vitamine B12 : le régime sans chair demande donc de la planification, et ce n'est pas la forme du corps qui décide de ce qu'on peut manger.
sans réponse
Dans son avis sur les régimes végétariens, cette société savante conclut que des régimes végétariens, y compris végétaliens, bien planifiés, peuvent convenir à toutes les étapes de la vie. Cela appuie l'idée de Plutarque que la chair n'est pas nécessaire. Mais l'avis ajoute que les végétaliens doivent veiller à avoir une source fiable de vitamine B12 : le régime sans chair demande donc de la planification, et ce n'est pas la forme du corps qui décide de ce qu'on peut manger.