PhilosophesMichel de Montaigne

Michel de Montaigne

« Chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage » : nos mœurs ne sont pas la mesure de tout.

HumanismeScepticisme moderne1533 · 1592 FranceSaint-Michel-de-Montaigne

Sa vie

Magistrat et écrivain du Périgord (1533-1592), conseiller au parlement de Bordeaux puis maire de la ville (1581-1585). Retiré dans sa tour, il écrit les Essais, où il s'observe lui-même pour interroger les certitudes humaines. Sa devise « Que sçay-je ? » exprime un scepticisme prudent ; il relativise les coutumes, médite sur la mort, la cruauté et l'amitié (celle de La Boétie).

Ses œuvres

1580
Essais

Une suite de chapitres (livres I-II en 1580, livre III en 1588) où il examine les coutumes, la raison, la mort, l'éducation et lui-même.

1774
Journal de voyage en Italie

Le journal de son voyage en Allemagne, Suisse et Italie (1580-1581), publié longtemps après sa mort.

Ce qu'il a écrit

« Il n'y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu'on m'en a rapporté, sinon que chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage ; comme de vray il semble que nous n'avons autre mire de la verité et de la raison que l'exemple et idée des opinions et usances du païs où nous sommes. »
Essais, I, 31, « Des cannibales » (1580)
« La premeditation de la mort est premeditation de la liberté. Qui a apris à mourir, il a desapris à servir. »
Essais, I, 20, « Que philosopher c'est apprendre à mourir » (1580)
« Cette fantasie est plus seurement conceuë par interrogation : Que sçay-je ? comme je la porte à la devise d'une balance. »
Essais, II, 12, « Apologie de Raimond Sebond »
« Nous devons la justice aux hommes, et la grace et la benignité aux autres creatures, qui en peuvent estre capables. »
Essais, II, 11, « De la cruauté » (1580)

Ses positions

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Peut-on atteindre des vérités certaines ?Certitude
ScepticismeCertitude possible
Affirmé

Nos sens et notre raison nous trompent et les opinions varient sans fin, d'où sa devise « Que sais-je ? ».

Montaigne, Essais (1580-1595), II, 12 (Apologie de Raymond Sebond)

Le bien et le mal existent-ils objectivement ?Statut de la morale
Antiréalisme (la morale est humaine)Réalisme moral (vérités morales objectives)
Interprétation

Les coutumes et les jugements moraux diffèrent tant d'un peuple à l'autre que nous appelons « barbarie » ce qui n'est pas de notre usage.

Montaigne, Essais (1580-1595), I, 31 (Des cannibales)

La raison peut-elle tout juger, y compris la foi ?Foi et raison
Primauté de la foi / du cœurRaison seule juge
Débattu

Dans l'Apologie il humilie la raison devant la foi, position lue comme un fidéisme sincère ou comme un masque du scepticisme.

Montaigne, Essais (1580-1595), II, 12

La vie a-t-elle un sens donné ?Sens de la vie
Pas de sens donné (absurde, à créer)Sens objectif (nature, Dieu, Bien)
Interprétation

L'art de vivre est de « jouir loyalement de son être », selon la nature ; il ne cherche pas de but au-delà de la vie elle-même.

Montaigne, Essais (1580-1595), III, 13 (De l'expérience)