Que sais-je ? Les sens et la raison ne peuvent se juger eux-mêmes
Que sais-je ? ; la devise de Montaigne ; le scepticisme de Montaigne
Nous ne pouvons rien affirmer avec certitude : la seule attitude honnête est de peser les raisons sans pencher, en se demandant « Que sais-je ? ».
Les sens ne donnent que des apparences, et la raison ne se vérifie que par une autre raison, sans fin.
« Que sais-je ? Les sens et la raison ne peuvent se juger eux-mêmes » est un argument de Michel de Montaigne (Essais II, 12, Apologie de Raymond Sebond (1580), 1580) sur la question « Peut-on être certain de quelque chose ? » (réponse : il faut douter). Sa thèse : Nous ne pouvons rien affirmer avec certitude : la seule attitude honnête est de peser les raisons sans pencher, en se demandant « Que sais-je ? ». Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 2 objections, dont 0 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Montaigne a fait graver sur une médaille une balance en équilibre et la question « Que sçay-je ? ». Ce n'est pas « Je ne sais rien », qui serait déjà une affirmation. C'est une question laissée ouverte. Dans la plus longue partie de ses Essais, l'Apologie de Raymond Sebond, il s'en prend à l'orgueil de la raison. Le raisonnement ci-dessous est une reconstruction : Montaigne ne l'écrit pas en prémisses numérotées, mais on le suit dans le passage célèbre sur le « rouet ».
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, on peut accepter P1 à P3 et trouver un autre appui : par exemple une évidence immédiate (comme « je pense ») ou l'accord entre des instruments indépendants. Beaucoup de philosophes disent que c'est justement ce que fait la science.
Objections
2Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Blaise Pascal 1655 · attaque la conclusionPascal admire Montaigne pour une seule chose : il rabaisse l'orgueil de la raison. Mais il refuse de s'arrêter là. Le doute et la certitude se détruisent l'un l'autre : celui qui établit la certitude et celui qui établit le doute ruinent chacun la vérité de l'autre, de sorte que ni l'un ni l'autre ne peut subsister seul. Pour Pascal, seule la foi de l'Évangile fait tenir ensemble la grandeur et la faiblesse de l'homme.
sans réponse
Pascal admire Montaigne pour une seule chose : il rabaisse l'orgueil de la raison. Mais il refuse de s'arrêter là. Le doute et la certitude se détruisent l'un l'autre : celui qui établit la certitude et celui qui établit le doute ruinent chacun la vérité de l'autre, de sorte que ni l'un ni l'autre ne peut subsister seul. Pour Pascal, seule la foi de l'Évangile fait tenir ensemble la grandeur et la faiblesse de l'homme.
René Descartes 1637 · attaque la conclusionDescartes pose lui aussi le doute, mais pour en sortir. Il ne veut pas imiter les sceptiques, qui ne doutent que pour douter et restent toujours indécis. Son but est de rejeter la terre mouvante et le sable pour trouver le roc ou l'argile : chercher un point ferme. Ce point, ce sera le « je pense, donc je suis ». Le doute devient ainsi un moyen, non une fin.
sans réponse
Descartes pose lui aussi le doute, mais pour en sortir. Il ne veut pas imiter les sceptiques, qui ne doutent que pour douter et restent toujours indécis. Son but est de rejeter la terre mouvante et le sable pour trouver le roc ou l'argile : chercher un point ferme. Ce point, ce sera le « je pense, donc je suis ». Le doute devient ainsi un moyen, non une fin.