Le spécisme : compter les intérêts de tous, quelle que soit l'espèce
Le spécisme ; l'égale considération des intérêts ; l'argument des cas marginaux
Donner moins de poids aux intérêts d'un être seulement parce qu'il n'est pas de notre espèce est du spécisme : un préjugé du même type que le racisme et le sexisme. Une souffrance égale doit compter également, quelle que soit l'espèce.
Seule la capacité de souffrir compte, pas l'espèce : sinon certains humains seraient moins protégés que des animaux.
« Le spécisme : compter les intérêts de tous, quelle que soit l'espèce » est un argument de Peter Singer (Singer, « All Animals Are Equal », 1974 ; La Libération animale, 1975, 1972) sur la question « Les animaux comptent-ils autant que nous ? » (réponse : leur souffrance compte autant). Sa thèse : Donner moins de poids aux intérêts d'un être seulement parce qu'il n'est pas de notre espèce est du spécisme : un préjugé du même type que le racisme et le sexisme. Une souffrance égale doit compter également, quelle que soit l'espèce. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4, P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Si quelqu'un ne tenait pas compte de la douleur d'une personne parce qu'elle est noire, nous dirions qu'il est raciste. S'il n'en tenait pas compte parce que c'est une femme, nous dirions qu'il est sexiste. Peter Singer demande : et si c'est parce que ce n'est pas un humain ? Il appelle cela le spécisme, un mot de Richard Ryder. Son point de départ est modeste : l'égalité n'est pas de traiter tout le monde pareil, mais de donner le même poids aux intérêts de chacun. Un cochon et un enfant n'ont pas les mêmes intérêts (l'un n'a pas besoin d'aller à l'école), mais s'ils ont le même intérêt à ne pas souffrir, ils comptent pareil. Pour répondre à ceux qui disent « les humains ont la raison, pas les animaux », il pose le cas des humains qui n'en ont pas, comme les bébés.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un monde où l'on accepte d'exclure les humains sans raison : on peut alors garder la raison comme critère, et les animaux ne comptent pas autant.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
CCarl Cohen 1986 · attaque la conclusionCohen assume le mot : « Je suis spéciste. » Pour lui, les humains forment une communauté morale : ils jugent, s'imposent des règles, reconnaissent des droits. Les animaux, eux, ne peuvent pas entrer dans ce jeu. Comparer le spécisme au racisme est « insidieux » : tout jugement moral fin doit tenir compte de la nature différente des êtres à qui l'on doit quelque chose. Ne pas faire les distinctions pertinentes entre les espèces, selon lui, fait se tromper sur ses obligations.
un défenseur répond
Cohen assume le mot : « Je suis spéciste. » Pour lui, les humains forment une communauté morale : ils jugent, s'imposent des règles, reconnaissent des droits. Les animaux, eux, ne peuvent pas entrer dans ce jeu. Comparer le spécisme au racisme est « insidieux » : tout jugement moral fin doit tenir compte de la nature différente des êtres à qui l'on doit quelque chose. Ne pas faire les distinctions pertinentes entre les espèces, selon lui, fait se tromper sur ses obligations.
Bernard Williams 2006 · attaque la conclusionRésumé : dans « Le préjugé humain », Williams conteste que préférer les humains soit un préjugé comme le racisme. Pour lui, la comparaison ne marche pas, car on ne peut juger la morale depuis un point de vue extérieur à l'humanité. Nos raisons d'agir se forment à l'intérieur de notre vie d'humains, et la question « de quel côté sommes-nous ? » a un sens que n'a pas celle de la race. Le racisme ne se défend pas de cette façon.
sans réponse
Résumé : dans « Le préjugé humain », Williams conteste que préférer les humains soit un préjugé comme le racisme. Pour lui, la comparaison ne marche pas, car on ne peut juger la morale depuis un point de vue extérieur à l'humanité. Nos raisons d'agir se forment à l'intérieur de notre vie d'humains, et la question « de quel côté sommes-nous ? » a un sens que n'a pas celle de la race. Le racisme ne se défend pas de cette façon.
Tom Regan 2004 · attaque la prémisse 1Regan reproche à l'utilitarisme de Singer de ne pas protéger les individus : si l'on additionne les bénéfices de plusieurs, on peut justifier de faire du mal à un seul. Pour lui, un individu qui a une vie propre ne doit jamais être traité comme une ressource, quel que soit le total des avantages. L'égale considération laisserait donc encore permis de sacrifier un animal quand le calcul y trouve son compte.
un défenseur répond
Regan reproche à l'utilitarisme de Singer de ne pas protéger les individus : si l'on additionne les bénéfices de plusieurs, on peut justifier de faire du mal à un seul. Pour lui, un individu qui a une vie propre ne doit jamais être traité comme une ressource, quel que soit le total des avantages. L'égale considération laisserait donc encore permis de sacrifier un animal quand le calcul y trouve son compte.