Les animaux sont des fins en soi : nous leur devons des droits
L'argument kantien pour les droits des animaux ; fellow creatures
Les animaux sont des fins en soi, et la seule manière de nous situer justement par rapport à eux est de leur reconnaître des droits.
Ce qui rend nos buts importants, c'est que les choses peuvent être bonnes ou mauvaises pour nous, et les animaux sont dans le même cas.
« Les animaux sont des fins en soi : nous leur devons des droits » est un argument de Christine Korsgaard (Fellow Creatures, 2018 ; « A Kantian Case for Animal Rights », 2012, 2004) sur la question « Les animaux comptent-ils autant que nous ? » (réponse : ils ont des droits). Sa thèse : Les animaux sont des fins en soi, et la seule manière de nous situer justement par rapport à eux est de leur reconnaître des droits. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
On croit souvent que la morale de Kant est hostile aux animaux, car Kant les traitait comme des choses. Christine Korsgaard soutient le contraire, à partir des principes de Kant lui-même. Quand nous choisissons un but, dit-elle, nous le tenons pour important, et cela revient à nous tenir nous-mêmes pour importants. Mais ce que nous valorisons ainsi, ce n'est pas d'abord notre raison : c'est le fait que les choses peuvent être bonnes ou mauvaises pour nous. Or il en va de même pour les autres animaux. Si nous demandons aux autres de respecter ce qui est bon pour nous, nous nous engageons à respecter ce qui est bon pour eux. Ils sont donc des fins en soi, et comme nous dominons les animaux sans qu'ils puissent se défendre, la seule relation juste passe par des droits reconnus par la loi.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un monde où nous avons des intérêts et où les animaux en ont aussi, mais où seuls les humains ont de la valeur : les autres prémisses restent vraies, la conclusion est fausse.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Emmanuel Kant 1797 · attaque la prémisse 4Pour Kant, par la seule raison, l'homme n'a de devoirs qu'envers l'homme. Les devoirs « envers » les animaux, comme celui de ne pas les maltraiter, sont des devoirs envers nous-mêmes, car la cruauté émousse en nous la compassion qui sert la morale envers les autres hommes.
Korsgaard répond
Pour Kant, par la seule raison, l'homme n'a de devoirs qu'envers l'homme. Les devoirs « envers » les animaux, comme celui de ne pas les maltraiter, sont des devoirs envers nous-mêmes, car la cruauté émousse en nous la compassion qui sert la morale envers les autres hommes.
David Hume 1751 · attaque la prémisse 5Pour Hume, la justice naît entre des êtres de force à peu près égale. Face à des créatures incapables de toute résistance, nous devrions de la douceur par humanité, mais aucun devoir de justice, et elles ne pourraient posséder aucun droit. Il dit que c'est la situation des hommes envers les animaux.
un défenseur répond
Pour Hume, la justice naît entre des êtres de force à peu près égale. Face à des créatures incapables de toute résistance, nous devrions de la douceur par humanité, mais aucun devoir de justice, et elles ne pourraient posséder aucun droit. Il dit que c'est la situation des hommes envers les animaux.
Emmanuel Kant 1797 · attaque la conclusionPour Kant, les droits servent à protéger la liberté, définie comme l'indépendance par rapport à la contrainte exercée par le choix d'un autre. Les animaux ne choisissent pas leur façon de vivre comme des êtres raisonnables : la question de leurs droits ne se pose donc pas (c'est l'objection que Korsgaard se pose à elle-même).
un défenseur répond
Pour Kant, les droits servent à protéger la liberté, définie comme l'indépendance par rapport à la contrainte exercée par le choix d'un autre. Les animaux ne choisissent pas leur façon de vivre comme des êtres raisonnables : la question de leurs droits ne se pose donc pas (c'est l'objection que Korsgaard se pose à elle-même).