Le premier échelon : ne plus tuer pour manger
Le premier échelon ; Tolstoï à l'abattoir de Toula
Quiconque cherche sérieusement une vie bonne doit commencer par cesser de manger la chair des animaux : c'est le premier échelon.
La vie morale est une échelle : elle commence par la tempérance, et la tempérance par ne plus tuer sans nécessité pour manger.
« Le premier échelon : ne plus tuer pour manger » est un argument de Léon Tolstoï (« Le Premier Échelon » (1892), préface à The Ethics of Diet de H. Williams) sur la question « Les animaux comptent-ils autant que nous ? » (réponse : devoir de compassion). Sa thèse : Quiconque cherche sérieusement une vie bonne doit commencer par cesser de manger la chair des animaux : c'est le premier échelon. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 4 prémisses. AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Tolstoï ne commence pas par les droits des animaux. Il commence par une idée simple : toute vie morale a un ordre, comme une échelle où l'on ne peut atteindre un barreau sans avoir posé le pied sur le précédent. Le premier barreau est la tempérance, le premier acte de la tempérance est de se contrôler sur la nourriture, et le premier aliment dont on s'abstient est la chair des animaux, parce qu'il faut tuer pour l'obtenir, et que tuer quand on peut s'en passer blesse le sentiment moral le plus simple : la pitié. Il prend soin de dire qu'il ne prétend pas qu'on doive être végétarien pour être moral, seulement que c'est par là que quelqu'un de sérieux commence. Il raconte avoir visité l'abattoir de Toula pour voir de ses yeux ce dont il parle.
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Objections
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René Descartes 1637 · attaque la prémisse 3La pitié est mal placée si les animaux ne sentent ni ne pensent comme nous. Leurs actes les plus habiles ne prouvent pas qu'ils aient de l'esprit : c'est la nature qui agit en eux selon la disposition de leurs organes, comme une horloge qui compte les heures. Voir l'argument « L'animal-machine » (descartes-animal-machine).
un défenseur répond
La pitié est mal placée si les animaux ne sentent ni ne pensent comme nous. Leurs actes les plus habiles ne prouvent pas qu'ils aient de l'esprit : c'est la nature qui agit en eux selon la disposition de leurs organes, comme une horloge qui compte les heures. Voir l'argument « L'animal-machine » (descartes-animal-machine).
Emmanuel Kant 1797 · attaque la conclusionKant est d'accord que la cruauté envers les animaux émousse la compassion. Mais il tient que nous n'avons pas de devoirs directs envers eux, et que tuer un animal par des moyens expéditifs, sans le torturer, est permis. Ce qui est défendu, c'est la violence et la cruauté, pas la mise à mort. Voir l'argument « Devoirs indirects » (kant-devoirs-indirects).
sans réponse
Kant est d'accord que la cruauté envers les animaux émousse la compassion. Mais il tient que nous n'avons pas de devoirs directs envers eux, et que tuer un animal par des moyens expéditifs, sans le torturer, est permis. Ce qui est défendu, c'est la violence et la cruauté, pas la mise à mort. Voir l'argument « Devoirs indirects » (kant-devoirs-indirects).
Tom Regan 1983 · attaque la prémisse 3Le tort fait à l'animal ne vient pas de l'état d'âme de celui qui mange. Les animaux qui sont des sujets-d'une-vie ont une valeur propre et un droit à être traités avec respect : on ne doit jamais les traiter comme des ressources pour d'autres. Fonder le devoir sur la pitié de l'agent le rend dépendant de ce que chacun ressent. Voir l'argument « Sujets-d'une-vie » (regan-sujet-de-vie).
sans réponse
Le tort fait à l'animal ne vient pas de l'état d'âme de celui qui mange. Les animaux qui sont des sujets-d'une-vie ont une valeur propre et un droit à être traités avec respect : on ne doit jamais les traiter comme des ressources pour d'autres. Fonder le devoir sur la pitié de l'agent le rend dépendant de ce que chacun ressent. Voir l'argument « Sujets-d'une-vie » (regan-sujet-de-vie).