Le cercle de Butler : la conscience suppose l'identité
L'objection du cercle contre Locke
La conscience de l'identité personnelle ne peut pas la constituer : elle la révèle seulement. Être la même personne ne dépend pas de ce dont on se souvient.
Se souvenir d'un acte suppose déjà qu'on est la personne qui l'a fait : la conscience ne peut donc pas constituer l'identité.
« Le cercle de Butler : la conscience suppose l'identité » est un argument de Joseph Butler (De l'identité personnelle, 1736) sur la question « Qui suis-je vraiment ? » (réponse : une âme). Sa thèse : La conscience de l'identité personnelle ne peut pas la constituer : elle la révèle seulement. Être la même personne ne dépend pas de ce dont on se souvient. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 5 prémisses. AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Pour Locke, ce qui fait qu'une personne est la même, c'est la conscience qu'elle a de ses actions passées. Butler, évêque anglais, y voit un cercle. Pour que mon souvenir soit un vrai souvenir, il faut que ce soit bien moi qui aie fait l'action dont je me souviens. Ma conscience du passé suppose donc déjà que je suis la même personne : elle ne peut pas la fabriquer. C'est comme si l'on disait que la connaissance fait la vérité de ce qu'elle connaît. La conscience de soi, pour Butler, nous fait seulement découvrir une identité qui existe déjà.
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Objections
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John Locke (faux souvenirs) 1694 · attaque la prémisse 2On ne peut pas exclure qu'une substance pensante se représente comme faite par elle une action qu'elle n'a jamais faite, comme dans un rêve que l'on prend pour vrai. Un souvenir, même vécu de l'intérieur, ne garantit donc pas que c'est bien moi qui ai fait l'action.
Butler répond
On ne peut pas exclure qu'une substance pensante se représente comme faite par elle une action qu'elle n'a jamais faite, comme dans un rêve que l'on prend pour vrai. Un souvenir, même vécu de l'intérieur, ne garantit donc pas que c'est bien moi qui ai fait l'action.
David Hume 1739 · attaque la prémisse 1Quand j'entre le plus intimement dans ce que j'appelle moi, je tombe toujours sur une perception particulière, chaud ou froid, lumière ou ombre, amour ou haine, douleur ou plaisir. Je ne me surprends jamais sans une perception et je n'observe jamais rien d'autre que la perception. Il n'y a donc pas de conscience du moi qui puisse nous faire discerner un même moi à deux moments.
un défenseur répond
Quand j'entre le plus intimement dans ce que j'appelle moi, je tombe toujours sur une perception particulière, chaud ou froid, lumière ou ombre, amour ou haine, douleur ou plaisir. Je ne me surprends jamais sans une perception et je n'observe jamais rien d'autre que la perception. Il n'y a donc pas de conscience du moi qui puisse nous faire discerner un même moi à deux moments.
Sydney Shoemaker (le quasi-souvenir) 1970 · attaque la prémisse 3Le souvenir ordinaire suppose bien l'identité : se souvenir d'avoir fait quelque chose, c'est penser que c'est moi qui l'ai fait. Mais on peut définir un quasi-souvenir, un souvenir qui vient de l'expérience d'une personne, sans supposer que cette personne est moi. Une chaîne de quasi-souvenirs peut alors expliquer l'identité sans cercle : le reproche de Butler ne vaut que pour le souvenir ordinaire.
sans réponse
Le souvenir ordinaire suppose bien l'identité : se souvenir d'avoir fait quelque chose, c'est penser que c'est moi qui l'ai fait. Mais on peut définir un quasi-souvenir, un souvenir qui vient de l'expérience d'une personne, sans supposer que cette personne est moi. Une chaîne de quasi-souvenirs peut alors expliquer l'identité sans cercle : le reproche de Butler ne vaut que pour le souvenir ordinaire.