Je ne trouve en moi que des perceptions, jamais un moi
Le moi comme faisceau de perceptions
Il n'y a pas de moi simple et identique en plus des perceptions : l'esprit n'est qu'un faisceau de perceptions qui se succèdent, et l'identité qu'on lui prête est une fiction de l'imagination.
Quand je regarde en moi, je ne trouve jamais un moi constant, seulement une perception après l'autre (chaud, froid, joie, douleur).
« Je ne trouve en moi que des perceptions, jamais un moi » est un argument de Hume (Traité de la nature humaine, I, 4, 6 (1739), 1739) sur la question « Qui suis-je vraiment ? » (réponse : pas de moi fixe). Sa thèse : Il n'y a pas de moi simple et identique en plus des perceptions : l'esprit n'est qu'un faisceau de perceptions qui se succèdent, et l'identité qu'on lui prête est une fiction de l'imagination. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4, P6). AskPhilosophy présente 4 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Qui suis-je ? La réponse qui semble la plus naturelle est : une chose simple, toujours la même, qui sent, pense et se souvient. Hume propose de vérifier. Il regarde en lui-même, aussi attentivement qu'il peut, et cherche ce « moi ». Ce qu'il trouve, ce sont toujours des perceptions précises : chaud ou froid, amour ou haine, douleur ou plaisir. Jamais un moi qui les possède. Il en conclut que l'esprit n'est qu'une suite de perceptions, et que l'identité que nous lui attribuons n'est pas une découverte mais une fiction fabriquée par l'imagination. Attention : Hume dit lui-même, dans l'Appendice de 1740, qu'il ne sait pas expliquer comment ces perceptions se tiennent ensemble. Ce point est repris dans le débat.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où un moi simple existe sans qu'on en ait jamais d'impression ni d'idée. Sans P6, il trouve un cas où l'esprit existe sans moi mais n'est pas réductible à ses perceptions (il y a autre chose, ni moi ni perception).
Objections
4Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Descartes 1641 · attaque la prémisse 3Quand je doute de tout, je trouve une chose qui résiste : je pense, et la pensée ne peut être détachée de moi. Je ne suis donc pas un faisceau de perceptions, mais une chose qui pense, que je saisis directement.
Hume répond
Quand je doute de tout, je trouve une chose qui résiste : je pense, et la pensée ne peut être détachée de moi. Je ne suis donc pas un faisceau de perceptions, mais une chose qui pense, que je saisis directement.
Kant (le « Je pense ») 1787 · attaque la conclusionSi les perceptions n'étaient que du divers qui passe, rien ne les rendrait toutes miennes. Pour que des représentations soient à moi, il faut que le « je pense » puisse les accompagner toutes et que je puisse les relier dans une seule conscience. Sinon j'aurais « un moi aussi divers et aussi bigarré » que mes représentations. L'unité du sujet n'est donc pas une simple fiction : c'est la condition pour qu'il y ait une expérience.
sans réponse
Si les perceptions n'étaient que du divers qui passe, rien ne les rendrait toutes miennes. Pour que des représentations soient à moi, il faut que le « je pense » puisse les accompagner toutes et que je puisse les relier dans une seule conscience. Sinon j'aurais « un moi aussi divers et aussi bigarré » que mes représentations. L'unité du sujet n'est donc pas une simple fiction : c'est la condition pour qu'il y ait une expérience.
Hume lui-même (l'Appendice) 1740 · attaque la conclusionUn an après, Hume relit son chapitre et avoue son échec. Il tient fermement deux principes : toutes nos perceptions distinctes sont des existences distinctes, et l'esprit n'aperçoit jamais de lien réel entre des existences distinctes. Mais il ne parvient pas à les rendre compatibles avec l'idée que nos perceptions forment un seul esprit : il ne trouve aucune théorie qui le satisfasse sur ce qui les unit. Il ne conclut pas que sa thèse est fausse ; il dit que la difficulté est trop dure pour son entendement.
sans réponse
Un an après, Hume relit son chapitre et avoue son échec. Il tient fermement deux principes : toutes nos perceptions distinctes sont des existences distinctes, et l'esprit n'aperçoit jamais de lien réel entre des existences distinctes. Mais il ne parvient pas à les rendre compatibles avec l'idée que nos perceptions forment un seul esprit : il ne trouve aucune théorie qui le satisfasse sur ce qui les unit. Il ne conclut pas que sa thèse est fausse ; il dit que la difficulté est trop dure pour son entendement.
Thomas Reid 1785 · attaque la prémisse 4Je suis sûr de mon identité par une conviction première, qui n'a pas besoin d'être tirée d'une impression. Une personne est quelque chose d'indivisible, qui pense, délibère, agit et souffre : je ne suis ni une pensée, ni une action, ni un sentiment. Mes pensées passent, mais le moi auquel elles appartiennent reste. Un système qui ne laisse que des impressions et des idées ne laisse même pas un moi pour les posséder.
sans réponse
Je suis sûr de mon identité par une conviction première, qui n'a pas besoin d'être tirée d'une impression. Une personne est quelque chose d'indivisible, qui pense, délibère, agit et souffre : je ne suis ni une pensée, ni une action, ni un sentiment. Mes pensées passent, mais le moi auquel elles appartiennent reste. Un système qui ne laisse que des impressions et des idées ne laisse même pas un moi pour les posséder.