Je suis une chose qui pense, et je reste la même
« Je ne suis qu'une chose qui pense »
Je ne suis, précisément, qu'une chose qui pense, c'est-à-dire un esprit, et cet esprit reste le même sous toutes mes pensées.
Je peux douter de mon corps, mais pas que je pense ; comme la cire, ce qui reste sous tous mes changements est la chose qui pense.
« Je suis une chose qui pense, et je reste la même » est un argument de Descartes (Méditation II, 1641) sur la question « Qui suis-je vraiment ? » (réponse : une âme). Sa thèse : Je ne suis, précisément, qu'une chose qui pense, c'est-à-dire un esprit, et cet esprit reste le même sous toutes mes pensées. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P2, P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Une fois le cogito acquis, Descartes se demande ce qu'est ce « je » dont il est sûr. Il retire tout ce qu'il peut mettre en doute : le corps, la marche, la nutrition, la sensation. Une seule chose résiste : il pense. Il en conclut qu'il est « précisément » une chose qui pense, c'est-à-dire un esprit. Ce « je » ne dépend pas de ce qu'il pense à tel moment : comme la cire reste la même cire quand sa forme, son odeur et sa couleur changent, l'esprit reste le même quand ses pensées changent. Attention : ce rapprochement entre la cire et le moi est une reconstruction. Descartes décrit la cire pour montrer que l'esprit la connaît mieux que les sens ; l'unité de l'esprit sous ses pensées est dite ailleurs, dans la Méditation VI.
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Sans la prémisse implicite : Sans P2 et P5, l'ordinateur trouve un cas où il est certain que je pense, où la cire reste la même, où mon esprit n'a pas de parties, et où pourtant je ne suis pas une chose qui pense et qui reste la même : rien n'interdit que « je » soit autre chose que ce que je sais de moi.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Pierre Gassendi 1641 · attaque la prémisse 2Vous remarquez que vous pensez, personne ne le nie. Mais il vous reste à prouver que penser est tellement au-dessus de la nature du corps qu'aucun corps, si fin, si pur, si agile soit-il, ne pourrait en être capable. Rien ne montre que vous n'êtes pas un corps très subtil.
Descartes répond
Vous remarquez que vous pensez, personne ne le nie. Mais il vous reste à prouver que penser est tellement au-dessus de la nature du corps qu'aucun corps, si fin, si pur, si agile soit-il, ne pourrait en être capable. Rien ne montre que vous n'êtes pas un corps très subtil.
John Locke 1694 · attaque la conclusionSavoir si c'est toujours la même substance qui pense ne concerne pas l'identité de la personne. Si c'est la même conscience, des substances différentes peuvent être unies dans une seule personne. Ce qui compte pour la personne, c'est la conscience, pas la chose pensante qui la porte.
un défenseur répond
Savoir si c'est toujours la même substance qui pense ne concerne pas l'identité de la personne. Si c'est la même conscience, des substances différentes peuvent être unies dans une seule personne. Ce qui compte pour la personne, c'est la conscience, pas la chose pensante qui la porte.
David Hume 1739 · attaque la prémisse 5Quand j'entre le plus intimement dans ce que j'appelle moi, je tombe toujours sur une perception particulière, chaud ou froid, lumière ou ombre, amour ou haine, douleur ou plaisir. Je ne me surprends jamais sans une perception et je n'observe jamais rien d'autre que la perception. Pour lui, le moi n'est rien d'autre qu'un faisceau de perceptions.
un défenseur répond
Quand j'entre le plus intimement dans ce que j'appelle moi, je tombe toujours sur une perception particulière, chaud ou froid, lumière ou ombre, amour ou haine, douleur ou plaisir. Je ne me surprends jamais sans une perception et je n'observe jamais rien d'autre que la perception. Pour lui, le moi n'est rien d'autre qu'un faisceau de perceptions.