Le char : « Nāgasena » n'est qu'un nom
Le char du roi Milinda
Il n'y a pas de soi permanent en plus des éléments : « Nāgasena » est une désignation d'usage pour un assemblage d'éléments, comme « char » pour un assemblage de pièces.
Le moi n'est ni une partie, ni leur somme, ni autre chose : comme le char, ce n'est qu'un nom pour un assemblage.
« Le char : « Nāgasena » n'est qu'un nom » est un argument de Nāgasena (Milindapañha, II, 1 (le roi Milinda et le moine Nāgasena), 100 av. J.-C.) sur la question « Qui suis-je vraiment ? » (réponse : pas de moi fixe). Sa thèse : Il n'y a pas de soi permanent en plus des éléments : « Nāgasena » est une désignation d'usage pour un assemblage d'éléments, comme « char » pour un assemblage de pièces. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Le roi Milinda (le roi grec Ménandre, dans la tradition) demande son nom à un moine, Nāgasena. « On m'appelle Nāgasena, répond le moine, mais ce n'est qu'un nom : il n'y a là aucun individu permanent. » Le roi proteste : alors qui mange, médite, agit ? Nāgasena demande au roi comment il est venu, à pied ou en char. En char. « Et qu'est-ce que le char ? Le timon ? L'essieu ? Les roues ? La caisse ? Tout cela ensemble ? Autre chose en plus ? » À chaque fois : non. Pourtant le roi a bien voyagé en char. Nāgasena en conclut que « char » est un mot commode pour un assemblage de parties, et que « Nāgasena » l'est de même pour un assemblage d'éléments (le corps, les sensations, les perceptions, les dispositions, la conscience). Attention : il ne dit pas que la personne n'existe pas ; il dit qu'elle n'est pas une chose permanente en plus de ces éléments. Le texte est un dialogue composé (probablement dans le nord-ouest de l'Inde, entre le Ier siècle av. J.-C. et le IIe siècle) : les deux personnages parlent par la plume d'un auteur que nous ne connaissons pas.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un cas où aucune chose permanente ne correspond au nom, mais où le nom n'est pas non plus une désignation légitime (il est « un simple son vide », comme le roi le dit d'abord).
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
LLe roi Milinda (dans le dialogue) 100 av. J.-C. · attaque la conclusionSi la personne n'est qu'un flux d'éléments qui passent, qui renaît ? Est-ce le même ou un autre ? Et si c'est un autre, celui qui renaît échappe aux actes de celui qui est mort : plus personne n'est responsable.
Nāgasena répond
Si la personne n'est qu'un flux d'éléments qui passent, qui renaît ? Est-ce le même ou un autre ? Et si c'est un autre, celui qui renaît échappe aux actes de celui qui est mort : plus personne n'est responsable.
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Descartes 1641 · attaque la prémisse 4Quand je doute de tout, une chose résiste : je pense, et la pensée ne peut être détachée de moi. Je suis donc une chose qui pense. Ce moi n'est ni mon corps ni mes sensations : je le saisis directement, et il n'est pas l'un des éléments que tu énumères.
un défenseur répond
Quand je doute de tout, une chose résiste : je pense, et la pensée ne peut être détachée de moi. Je suis donc une chose qui pense. Ce moi n'est ni mon corps ni mes sensations : je le saisis directement, et il n'est pas l'un des éléments que tu énumères.
Thomas Reid 1785 · attaque la conclusionLes pensées, les douleurs, les actes passent : ils sont successifs comme le temps. Mais l'identité suppose une existence continue, sans interruption. Une personne est donc quelque chose d'indivisible, qui reste la même quand ses pensées changent. Mon identité personnelle implique l'existence continue de cette chose indivisible que j'appelle moi-même : un assemblage de parties ne suffit pas.
sans réponse
Les pensées, les douleurs, les actes passent : ils sont successifs comme le temps. Mais l'identité suppose une existence continue, sans interruption. Une personne est donc quelque chose d'indivisible, qui reste la même quand ses pensées changent. Mon identité personnelle implique l'existence continue de cette chose indivisible que j'appelle moi-même : un assemblage de parties ne suffit pas.