L'humanité se perfectionne sans limite fixée : l'Esquisse de Condorcet
La perfectibilité indéfinie
L'histoire a une direction : le progrès de l'esprit humain, vers plus de savoir, d'égalité et de vertu, sans terme assignable.
Les lois du développement de l'esprit humain sont constantes et le passé n'y montre aucune limite : le progrès peut se poursuivre.
« L'humanité se perfectionne sans limite fixée : l'Esquisse de Condorcet » est un argument de Nicolas de Condorcet (Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain (1795), Introduction et dixième époque) sur la question « L'Histoire a-t-elle un sens ? » (réponse : le progrès). Sa thèse : L'histoire a une direction : le progrès de l'esprit humain, vers plus de savoir, d'égalité et de vertu, sans terme assignable. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Condorcet écrit ce livre en 1793-1794, caché pendant la Terreur, quelques mois avant sa mort en prison. Il y suit l'histoire humaine en dix « époques », des tribus de chasseurs à la Révolution française, puis jette un regard sur l'avenir. Son idée : si nous pouvons prévoir les phénomènes de la nature parce que ses lois sont constantes, nous pouvons aussi, d'après l'histoire, prévoir la marche de l'espèce humaine. Elle va vers plus de savoir, plus d'égalité, plus de vertu, à un rythme variable, mais sans terme assignable. Attention : l'ouvrage est posthume (1795) et certains passages jugent durement des peuples que l'auteur dit encore « barbares ».
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un monde où les lois sont constantes, où le passé n'a rencontré aucune limite, et où l'avenir s'arrête ou recule : une régularité passée qui ne prouve rien pour la suite.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Rousseau 1750 · attaque la prémisse 3Le progrès des sciences et des arts n'a pas rendu les hommes meilleurs : nos âmes se sont corrompues à mesure que nos sciences et nos arts se sont avancés vers la perfection. Savoir plus ne veut pas dire valoir plus.
Condorcet répond
Le progrès des sciences et des arts n'a pas rendu les hommes meilleurs : nos âmes se sont corrompues à mesure que nos sciences et nos arts se sont avancés vers la perfection. Savoir plus ne veut pas dire valoir plus.
TThomas Malthus 1798 · attaque la prémisse 2Condorcet décrit lui-même le moment où le nombre des hommes dépasserait leurs moyens de subsistance et marquerait la limite de tout progrès. Mais ce moment est déjà arrivé depuis longtemps : la population croît plus vite que la nourriture, et la misère qui en résulte existe depuis que l'on tient une histoire de l'humanité. La perfectibilité a donc un terme.
Condorcet répond
Condorcet décrit lui-même le moment où le nombre des hommes dépasserait leurs moyens de subsistance et marquerait la limite de tout progrès. Mais ce moment est déjà arrivé depuis longtemps : la population croît plus vite que la nourriture, et la misère qui en résulte existe depuis que l'on tient une histoire de l'humanité. La perfectibilité a donc un terme.
Schopenhauer 1844 · attaque la prémisse 2L'idée d'un progrès de l'humanité vers toujours plus de perfection se contredit : une durée infinie s'est déjà écoulée avant chaque instant, donc tout ce qui devait arriver avec le temps devrait déjà être là. L'histoire n'avance pas vers un but : elle redit la même chose sous d'autres formes.
sans réponse
L'idée d'un progrès de l'humanité vers toujours plus de perfection se contredit : une durée infinie s'est déjà écoulée avant chaque instant, donc tout ce qui devait arriver avec le temps devrait déjà être là. L'histoire n'avance pas vers un but : elle redit la même chose sous d'autres formes.