Par convention le doux, en réalité les atomes et le vide
La distinction entre convention et réalité
Le doux, l'amer, le chaud, le froid, la couleur existent par convention ; en réalité il n'y a que les atomes et le vide. Les sens ne nous donnent pas la vérité des choses.
Ce que nous sentons change avec l'état de notre corps, donc cela ne dit pas ce qu'est la chose : en réalité, il n'y a que atomes et vide.
« Par convention le doux, en réalité les atomes et le vide » est un argument de Démocrite (Fragments B 9, B 11 (Sextus Empiricus) · Diogène Laërce IX, 44-45) sur la question « Peut-on être certain de quelque chose ? » (réponse : il faut douter). Sa thèse : Le doux, l'amer, le chaud, le froid, la couleur existent par convention ; en réalité il n'y a que les atomes et le vide. Les sens ne nous donnent pas la vérité des choses. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P2). AskPhilosophy présente 2 objections, dont 0 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Démocrite a laissé une formule célèbre : par convention le doux, l'amer, le chaud, le froid, la couleur ; en réalité les atomes et le vide. Elle nous vient de Sextus Empiricus (vers 200 apr. J.-C.), qui la cite pour ses propres thèses, et Diogène Laërce la confirme dans son résumé. Les raisons que nous donnons ici sont une reconstruction : Démocrite ne les a pas écrites sous cette forme, et il n'en reste que des morceaux. Classement : nous la rangeons dans « Il faut douter », car la leçon porte sur les sens, qui ne donnent pas la vérité des choses. C'est un classement approximatif : Démocrite n'est pas un sceptique total, puisqu'il croit à une connaissance « authentique » par la pensée (B 11) et à une théorie complète de la nature. Ce fragment irait plutôt vers le camp « Oui, par la raison » ; mais d'autres (B 117 : « en vérité nous ne savons rien ») et Aristote (« ou bien rien n'est vrai, ou bien cela nous échappe ») le tirent vers le doute. Aucun de nos camps ne dit exactement « les sens trompent, la pensée va plus loin, mais sans certitude ».
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Sans la prémisse implicite : Sans P2, l'ordinateur trouve un cas où les qualités changent avec le corps, où les sens sont obscurs, et où pourtant le doux et l'amer sont de vraies propriétés des choses (qui varieraient simplement selon les conditions) : la conclusion tombe.
Objections
2Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Aristote (qui range Démocrite avec ceux qui confondent penser et sentir) 335 av. J.-C. · attaque la conclusionAristote rapporte que Démocrite dit « ou bien rien n'est vrai, ou bien cela nous échappe ». Il explique cette position par une erreur de départ : on suppose que penser, c'est sentir, et que sentir est un changement du corps. L'impression des sens serait alors forcément vraie, et comme les impressions se contredisent, on ne saurait plus rien de vrai. Pour Aristote, c'est le point faible de toute la famille de pensées dont Démocrite fait partie.
sans réponse
Aristote rapporte que Démocrite dit « ou bien rien n'est vrai, ou bien cela nous échappe ». Il explique cette position par une erreur de départ : on suppose que penser, c'est sentir, et que sentir est un changement du corps. L'impression des sens serait alors forcément vraie, et comme les impressions se contredisent, on ne saurait plus rien de vrai. Pour Aristote, c'est le point faible de toute la famille de pensées dont Démocrite fait partie.
Aristote (sur l'origine du mouvement des atomes) 340 av. J.-C. · attaque la prémisse 4Leucippe et Démocrite font des atomes et du vide les éléments de tout. Mais d'où vient le mouvement, et comment les êtres l'ont-ils ? Aristote écrit qu'ils ont négligé cette question, comme les autres. Une théorie qui explique tout par des atomes et du vide laisse sans réponse ce qui met les atomes en mouvement.
sans réponse
Leucippe et Démocrite font des atomes et du vide les éléments de tout. Mais d'où vient le mouvement, et comment les êtres l'ont-ils ? Aristote écrit qu'ils ont négligé cette question, comme les autres. Une théorie qui explique tout par des atomes et du vide laisse sans réponse ce qui met les atomes en mouvement.