Vivre selon la nature avec presque rien : le bonheur est dans la vertu exercée, pas dans les besoins
Le cynisme de Diogène ; le tonneau ; « cherche un homme » ; citoyen du monde
Le bonheur ne vient pas des biens ni des conventions, mais de la vertu entraînée : une vie conforme à la nature, avec le moins de besoins possible.
Les conventions nous font désirer le superflu et nous rendent dépendants ; la nature demande peu, et l'entraînement apprend à vivre de peu.
« Vivre selon la nature avec presque rien : le bonheur est dans la vertu exercée, pas dans les besoins » est un argument de Diogène de Sinope (Diogène Laërce, Vies VI, 20-81 (récit sur Diogène, IVe s. av. J.-C.), 350 av. J.-C.) sur la question « Qu'est-ce que le bonheur ? » (réponse : la vertu et la sagesse). Sa thèse : Le bonheur ne vient pas des biens ni des conventions, mais de la vertu entraînée : une vie conforme à la nature, avec le moins de besoins possible. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Diogène de Sinope, qui vivait à Athènes au IVe siècle avant J.-C., est resté célèbre pour son tonneau, sa besace et ses réponses insolentes (à Alexandre : « Ôte-toi de mon soleil »). Derrière les anecdotes, il y a un argument sur le bonheur. Pour Diogène, nous sommes malheureux parce que nous poursuivons des choses que les conventions nous ont appris à désirer (richesse, honneurs, confort) et qui nous rendent dépendants de la fortune. La nature, elle, demande peu. Le bonheur vient donc d'un entraînement (askèsis) du corps et de l'esprit pour vivre avec le minimum et ne dépendre de rien. Attention à la source : nous n'avons pas de texte sûr de Diogène ; tout ce que nous citons est rapporté par Diogène Laërce, qui écrit vers 200-250 après J.-C., six siècles plus tard, à partir de sources perdues. Nous citons la traduction de Hicks (1925).
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, on peut accepter que les besoins artificiels rendent malheureux et qu'on puisse vivre de peu, mais penser que le bonheur demande aussi des liens, des biens partagés et une cité. Le cynique aurait alors raison sur les besoins et tort sur la conclusion.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Aristote 330 av. J.-C. · attaque la prémisse 5Pour Aristote, l'homme est par nature un animal politique : il vit en cité, parce que seul il ne se suffit pas, et la parole lui sert à discuter du juste et de l'injuste. Celui qui ne peut pas vivre en société, ou qui n'en a pas besoin parce qu'il se suffit à lui-même, ne fait pas partie de la cité : c'est une bête ou un dieu. Vivre « selon la nature » ne peut donc pas vouloir dire vivre en dehors de la communauté.
Sinope répond
Pour Aristote, l'homme est par nature un animal politique : il vit en cité, parce que seul il ne se suffit pas, et la parole lui sert à discuter du juste et de l'injuste. Celui qui ne peut pas vivre en société, ou qui n'en a pas besoin parce qu'il se suffit à lui-même, ne fait pas partie de la cité : c'est une bête ou un dieu. Vivre « selon la nature » ne peut donc pas vouloir dire vivre en dehors de la communauté.
Cicéron 44 av. J.-C. · attaque la prémisse 2Dans Des devoirs, Cicéron rejette tout le système des cyniques, qu'il juge hostile à la pudeur : sans elle, rien n'est droit ni honnête. Les cyniques, dit-il, se moquent de ceux qui hésitent à nommer certaines choses, mais la décence fait partie de ce qui est conforme à la nature de l'homme. Opposer la nature aux conventions, c'est donc se tromper sur la nature.
Sinope répond
Dans Des devoirs, Cicéron rejette tout le système des cyniques, qu'il juge hostile à la pudeur : sans elle, rien n'est droit ni honnête. Les cyniques, dit-il, se moquent de ceux qui hésitent à nommer certaines choses, mais la décence fait partie de ce qui est conforme à la nature de l'homme. Opposer la nature aux conventions, c'est donc se tromper sur la nature.
Sénèque 58 · attaque la prémisse 1Sénèque, stoïcien, garde l'idée de vivre selon la nature et de tenir la vertu pour ce qui compte, mais il refuse la pauvreté obligatoire : « personne n'a condamné la sagesse à la pauvreté ». Le sage peut posséder de grandes richesses honnêtes, s'il n'y est pas attaché ; elles lui donnent même plus d'occasions d'exercer ses vertus (générosité, tempérance) que la pauvreté. Ce n'est donc pas l'avoir qui rend malheureux, mais l'attachement.
sans réponse
Sénèque, stoïcien, garde l'idée de vivre selon la nature et de tenir la vertu pour ce qui compte, mais il refuse la pauvreté obligatoire : « personne n'a condamné la sagesse à la pauvreté ». Le sage peut posséder de grandes richesses honnêtes, s'il n'y est pas attaché ; elles lui donnent même plus d'occasions d'exercer ses vertus (générosité, tempérance) que la pauvreté. Ce n'est donc pas l'avoir qui rend malheureux, mais l'attachement.