Responsable sans avoir pu faire autrement : les cas de Frankfurt
Les cas de Frankfurt (Jones et Black)
Le principe des possibilités alternatives (« on n'est responsable que si l'on aurait pu faire autrement ») est faux.
Jones agit de lui-même, même si Black l'aurait forcé à faire pareil : il est responsable sans avoir pu faire autrement.
« Responsable sans avoir pu faire autrement : les cas de Frankfurt » est un argument de Harry Frankfurt (« Alternate Possibilities and Moral Responsibility », 1969, 1969) sur la question « Sommes-nous libres ? » (réponse : libres sans libre arbitre absolu). Sa thèse : Le principe des possibilités alternatives (« on n'est responsable que si l'on aurait pu faire autrement ») est faux. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 3 prémisses. AskPhilosophy présente 2 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Pendant des siècles, presque tout le monde a pensé qu'on ne peut être blâmé que pour ce qu'on aurait pu éviter de faire. Si c'était vrai, un monde entièrement déterminé exclurait la responsabilité. En 1969, Harry Frankfurt propose une petite histoire pour montrer que ce principe est faux : un homme peut être responsable de ce qu'il fait même s'il ne pouvait pas faire autrement. Si c'est juste, l'ancien argument contre la liberté dans un monde déterminé perd sa base.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, on pourrait accepter tout le récit et garder le principe, en disant simplement que Jones a des possibilités cachées ou qu'il n'est pas vraiment responsable. C'est exactement ce que contestent les critiques.
Objections
2Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
RRobert Kane et David Widerker 1995 · attaque la prémisse 2Comment Black sait-il ce que Jones va décider ? Il lui faut un signe avant la décision. Soit ce signe garantit la décision de Jones (le monde est déterminé) : alors ceux qui pensent que la responsabilité exige l'indéterminisme n'accorderont pas que Jones est responsable. Soit le signe ne la garantit pas : alors Jones pouvait choisir autrement, et ce n'est pas une simple lueur, c'est un vrai choix. Dans les deux cas, le cas ne prouve rien contre le principe.
Frankfurt répond
Comment Black sait-il ce que Jones va décider ? Il lui faut un signe avant la décision. Soit ce signe garantit la décision de Jones (le monde est déterminé) : alors ceux qui pensent que la responsabilité exige l'indéterminisme n'accorderont pas que Jones est responsable. Soit le signe ne la garantit pas : alors Jones pouvait choisir autrement, et ce n'est pas une simple lueur, c'est un vrai choix. Dans les deux cas, le cas ne prouve rien contre le principe.
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Peter Naylor, puis John Martin Fischer (qui nomme les « lueurs de liberté ») 1984 · attaque la prémisse 2Jones a tout de même une possibilité : Black ne reste immobile que parce qu'il voit que Jones va décider de lui-même ce que Black veut. Jones aurait pu s'abstenir de le décider de lui-même, et Black serait intervenu. C'est une petite alternative, une « lueur de liberté » (flicker of freedom), mais elle suffit pour que le principe soit respecté.
Frankfurt répond
Jones a tout de même une possibilité : Black ne reste immobile que parce qu'il voit que Jones va décider de lui-même ce que Black veut. Jones aurait pu s'abstenir de le décider de lui-même, et Black serait intervenu. C'est une petite alternative, une « lueur de liberté » (flicker of freedom), mais elle suffit pour que le principe soit respecté.