La dernière des libertés : choisir son attitude
La liberté de prendre position ; le pan-déterminisme critiqué
L'homme n'est pas entièrement conditionné et déterminé : il « se détermine lui-même », selon qu'il cède aux conditions ou leur résiste. Cette liberté de choisir son attitude ne peut jamais lui être retirée.
Même au camp, où l'on peut tout prendre à un homme, il reste de quoi décider de l'attitude qu'il prend, donc ce qu'il devient.
« La dernière des libertés : choisir son attitude » est un argument de Viktor Frankl (Ein Psycholog erlebt das Konzentrationslager (1946) ; Man's Search for Meaning, 1re partie et « Logotherapy in a Nutshell », 1946) sur la question « Sommes-nous libres ? » (réponse : le libre arbitre). Sa thèse : L'homme n'est pas entièrement conditionné et déterminé : il « se détermine lui-même », selon qu'il cède aux conditions ou leur résiste. Cette liberté de choisir son attitude ne peut jamais lui être retirée. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 0 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Le déterminisme dit que nos actes sont le produit de causes : hérédité, milieu, conditions. Frankl, neurologue et psychiatre, connaît ces causes. Mais il a aussi vécu dans les camps nazis, où le manque de sommeil, de nourriture et la terreur semblaient devoir faire de chacun un animal. Il a vu des prisonniers donner leur dernier morceau de pain, d'autres sombrer. Sa conclusion : la liberté n'est pas l'absence de conditions, c'est la liberté de prendre position face aux conditions. Cette marge, même minuscule, suffit à dire que l'homme se détermine lui-même.
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Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Arthur Schopenhauer 1839 · attaque la prémisse 4Schopenhauer répondrait que la conscience nous dit seulement « je peux faire ce que je veux », pas que nous aurions pu vouloir autre chose. L'attitude « choisie » dans le camp découle du caractère de la personne et des motifs qui s'offrent : ce que Frankl appelle choix est l'expression d'un caractère déjà formé.
sans réponse
Schopenhauer répondrait que la conscience nous dit seulement « je peux faire ce que je veux », pas que nous aurions pu vouloir autre chose. L'attitude « choisie » dans le camp découle du caractère de la personne et des motifs qui s'offrent : ce que Frankl appelle choix est l'expression d'un caractère déjà formé.
RRobert Sapolsky 2023 · attaque la prémisse 4Dans Determined (2023), Sapolsky soutient que nos choix résultent d'une chaîne de causes biologiques et environnementales (gènes, hormones, enfance, culture) ; il n'y a pas de point de départ qui échappe à cette chaîne. Le courage d'un prisonnier a des causes comme n'importe quel autre acte.
sans réponse
Dans Determined (2023), Sapolsky soutient que nos choix résultent d'une chaîne de causes biologiques et environnementales (gènes, hormones, enfance, culture) ; il n'y a pas de point de départ qui échappe à cette chaîne. Le courage d'un prisonnier a des causes comme n'importe quel autre acte.
PPrimo Levi 1986 · attaque la prémisse 1Levi, rescapé d'Auschwitz, se méfie des leçons morales tirées du camp. Dans « La zone grise », il refuse de juger à la légère les détenus qui ont collaboré, tant la pression était extrême ; dans « La honte », il soutient que ceux qui ont survécu n'étaient pas les meilleurs, et que les meilleurs sont morts. Le témoignage des survivants ne prouve donc pas qu'une liberté intérieure restait à tous.
sans réponse
Levi, rescapé d'Auschwitz, se méfie des leçons morales tirées du camp. Dans « La zone grise », il refuse de juger à la légère les détenus qui ont collaboré, tant la pression était extrême ; dans « La honte », il soutient que ceux qui ont survécu n'étaient pas les meilleurs, et que les meilleurs sont morts. Le témoignage des survivants ne prouve donc pas qu'une liberté intérieure restait à tous.