Faire ce qu'on veut, mais pas vouloir ce qu'on veut
Il n'y a pas de libre arbitre dans nos actes, et la conscience ne prouve pas le contraire : on peut faire ce qu'on veut, mais on ne peut vouloir, à chaque instant, qu'une seule chose. (Schopenhauer place la liberté ailleurs : dans ce que nous sommes, notre caractère, pas dans ce que nous faisons.)
Chaque acte résulte d'un caractère inné et d'un motif qui agit comme une cause : on peut faire ce qu'on veut, pas vouloir autre chose.
« Faire ce qu'on veut, mais pas vouloir ce qu'on veut » est un argument d'Arthur Schopenhauer (Essai sur le libre arbitre, chap. 1 à 3 et 5) sur la question « Sommes-nous libres ? » (réponse : pas de libre arbitre). Sa thèse : Il n'y a pas de libre arbitre dans nos actes, et la conscience ne prouve pas le contraire : on peut faire ce qu'on veut, mais on ne peut vouloir, à chaque instant, qu'une seule chose. (Schopenhauer place la liberté ailleurs : dans ce que nous sommes, notre caractère, pas dans ce que nous faisons.). Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 6 prémisses. AskPhilosophy présente 5 objections, dont 4 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Une académie norvégienne met une question au concours : peut-on prouver le libre arbitre par la conscience que nous avons de nous-mêmes ? Schopenhauer répond non, et gagne le prix en 1839. Notre conscience nous dit seulement que nous pouvons faire ce que nous voulons. Mais ce que nous voulons dépend de notre caractère et des motifs qui se présentent, aussi sûrement qu'un effet dépend de sa cause.
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Objections
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Descartes 1644 · attaque la prémisse 2Nous avons une conscience si nette de notre liberté et de notre indifférence qu'il n'y a rien que nous connaissions plus clairement. Il serait absurde de douter de ce que nous éprouvons intérieurement.
Schopenhauer répond
Nous avons une conscience si nette de notre liberté et de notre indifférence qu'il n'y a rien que nous connaissions plus clairement. Il serait absurde de douter de ce que nous éprouvons intérieurement.
Hume (les compatibilistes) 1748 · attaque la prémisse 1Par liberté, on ne peut entendre qu'une chose : le pouvoir d'agir ou de ne pas agir selon ce que l'on veut. Cette liberté, tout le monde l'a, et elle s'accorde très bien avec la nécessité des causes. Le reste est une querelle de mots.
Schopenhauer répond
Par liberté, on ne peut entendre qu'une chose : le pouvoir d'agir ou de ne pas agir selon ce que l'on veut. Cette liberté, tout le monde l'a, et elle s'accorde très bien avec la nécessité des causes. Le reste est une querelle de mots.
Leibniz (les motifs inclinent sans nécessiter) 1686 · attaque la prémisse 5Nos choix ont toujours des raisons, mais ces raisons inclinent la volonté sans la forcer. Une action peut être certaine sans être nécessaire : le contraire n'implique pas contradiction.
Schopenhauer répond
Nos choix ont toujours des raisons, mais ces raisons inclinent la volonté sans la forcer. Une action peut être certaine sans être nécessaire : le contraire n'implique pas contradiction.
Kant 1788 · attaque la conclusionSi nos actes suivent nécessairement de ce qui les précède, notre « liberté » ne vaut pas mieux que celle d'un tourne-broche, qui une fois remonté tourne tout seul. Sans une vraie liberté, il n'y a plus de responsabilité morale.
Schopenhauer répond
Si nos actes suivent nécessairement de ce qui les précède, notre « liberté » ne vaut pas mieux que celle d'un tourne-broche, qui une fois remonté tourne tout seul. Sans une vraie liberté, il n'y a plus de responsabilité morale.
Nietzsche 1886 · attaque la prémisse 5Le libre arbitre absolu est une absurdité, mais son contraire aussi. Parler de causes qui « forcent » la volonté, c'est transformer en choses des mots qui ne servent qu'à décrire. Le « serf arbitre » est une mythologie : dans la vie réelle, il n'y a que des volontés fortes et des volontés faibles.
sans réponse
Le libre arbitre absolu est une absurdité, mais son contraire aussi. Parler de causes qui « forcent » la volonté, c'est transformer en choses des mots qui ne servent qu'à décrire. Le « serf arbitre » est une mythologie : dans la vie réelle, il n'y a que des volontés fortes et des volontés faibles.