L'homme, partie de la nature
La liberté, ignorance des causes
L'homme n'est libre dans aucun instant de sa vie, et le sentiment qu'il a de sa liberté est une illusion.
L'homme fait partie de la nature et obéit à ses lois : ses volontés ont des causes, il n'est maître de rien de ce qu'il désire.
« L'homme, partie de la nature » est un argument de Paul Henri Thiry d'Holbach (Système de la nature, 1770, I, chap. 11) sur la question « Sommes-nous libres ? » (réponse : pas de libre arbitre). Sa thèse : L'homme n'est libre dans aucun instant de sa vie, et le sentiment qu'il a de sa liberté est une illusion. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Le Système de la nature paraît en 1770 sous un faux nom (celui de Mirabaud, mort depuis dix ans). Holbach, matérialiste et athée, y défend que l'homme est un être physique comme les autres. Dans le chapitre 11, il s'attaque à la liberté : une volonté qui se choisirait elle-même serait un miracle dans la nature. Si on se croit libre, c'est parce qu'on ne voit pas les causes qui nous poussent. Le texte a fait scandale : il a été condamné et brûlé, et Voltaire lui a répondu.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un cas où le sentiment de liberté naît de l'ignorance des causes et où pourtant il révèle quelque chose de vrai : la conclusion complète ne suit plus.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Rousseau (par la bouche du vicaire savoyard) 1762 · attaque la prémisse 2Le principe de toute action est dans la volonté d'un être libre, et on ne peut remonter au-delà. Ce n'est pas le mot de liberté qui ne signifie rien, c'est celui de nécessité. Supposer un acte qui ne vienne d'aucun principe actif, c'est supposer des effets sans cause. Attention : c'est un personnage qui parle, comme dans l'argument « La conscience, instinct divin ».
d'Holbach répond
Le principe de toute action est dans la volonté d'un être libre, et on ne peut remonter au-delà. Ce n'est pas le mot de liberté qui ne signifie rien, c'est celui de nécessité. Supposer un acte qui ne vienne d'aucun principe actif, c'est supposer des effets sans cause. Attention : c'est un personnage qui parle, comme dans l'argument « La conscience, instinct divin ».
Hume (liberté et nécessité) 1748 · attaque la prémisse 3Par liberté on ne peut entendre que le pouvoir d'agir ou de ne pas agir selon les déterminations de la volonté. Être libre n'est donc pas se déterminer sans cause : c'est agir sans contrainte, et cela est compatible avec la nécessité.
d'Holbach répond
Par liberté on ne peut entendre que le pouvoir d'agir ou de ne pas agir selon les déterminations de la volonté. Être libre n'est donc pas se déterminer sans cause : c'est agir sans contrainte, et cela est compatible avec la nécessité.
Kant 1788 · attaque la conclusionLa liberté est la raison d'être de la loi morale : sans elle, la loi morale ne pourrait pas se trouver en nous. Inversement, c'est par la loi morale que nous prenons conscience de notre liberté.
sans réponse
La liberté est la raison d'être de la loi morale : sans elle, la loi morale ne pourrait pas se trouver en nous. Inversement, c'est par la loi morale que nous prenons conscience de notre liberté.