On obéit par utilité et par habitude, pas par contrat
La critique humienne du contrat social
Le devoir d'obéir au gouvernement établi repose sur l'utilité de la société (aidée par l'habitude), et non sur un contrat ou une promesse.
Les gouvernements viennent de la force et vivre dans un pays n'est pas consentir : on obéit parce que la société ne tiendrait pas sinon.
« On obéit par utilité et par habitude, pas par contrat » est un argument de Hume (« Of the Original Contract » (Three Essays, Moral and Political, 1748), 1748) sur la question « Faut-il toujours obéir à la loi ? » (réponse : obéir). Sa thèse : Le devoir d'obéir au gouvernement établi repose sur l'utilité de la société (aidée par l'habitude), et non sur un contrat ou une promesse. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Au XVIIIe siècle, deux camps politiques anglais fondent leur doctrine sur de grandes théories. Les uns disent que le pouvoir vient de Dieu et qu'on ne peut le toucher. Les autres disent que le pouvoir vient d'un contrat original, où le peuple a gardé le droit de résister. Hume trouve les deux théories justes « mais pas au sens que chaque parti leur donne ». Dans son essai sur le contrat, il examine les faits (comment les gouvernements sont-ils nés ?), puis la thèse du « consentement tacite » (rester dans un pays, est-ce consentir ?), puis il propose une autre base de l'obéissance : l'utilité. Sa thèse n'est pas qu'on doit obéir à n'importe quel pouvoir : le même critère d'utilité limite aussi l'obéissance (voir ses réponses ci-dessous). La forme P1 à P4 → C est notre reconstruction.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où l'on est lié d'obéir sans qu'aucun des trois fondements ne le soit : par exemple un devoir naturel de justice. Les autres prémisses ne l'excluent pas.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
John Locke 1689 · attaque la prémisse 2Locke répond par avance à l'objection : tout homme qui possède un bien ou jouit d'une partie du territoire d'un gouvernement lui donne par là son consentement tacite et est tenu d'obéir à ses lois, aussi longtemps qu'il en jouit, qu'il possède des terres pour toujours ou seulement un logement pour une semaine, ou qu'il voyage librement sur la grand-route.
Hume répond
Locke répond par avance à l'objection : tout homme qui possède un bien ou jouit d'une partie du territoire d'un gouvernement lui donne par là son consentement tacite et est tenu d'obéir à ses lois, aussi longtemps qu'il en jouit, qu'il possède des terres pour toujours ou seulement un logement pour une semaine, ou qu'il voyage librement sur la grand-route.
Jean-Jacques Rousseau 1762 · attaque la prémisse 1Rousseau ne dit pas que le contrat a eu lieu un jour : c'est la règle de ce qui rend un pouvoir légitime. Le problème est de trouver une forme d'association où chacun, s'unissant à tous, n'obéit pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant. Que les gouvernements réels soient nés de la force n'y change rien : cela montre qu'ils ne sont pas légitimes, non que l'idée est fausse.
Hume répond
Rousseau ne dit pas que le contrat a eu lieu un jour : c'est la règle de ce qui rend un pouvoir légitime. Le problème est de trouver une forme d'association où chacun, s'unissant à tous, n'obéit pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant. Que les gouvernements réels soient nés de la force n'y change rien : cela montre qu'ils ne sont pas légitimes, non que l'idée est fausse.
Jean-Jacques Rousseau 1762 · attaque la prémisse 3Objection tirée du chapitre de Rousseau sur le « droit du plus fort » : obéir parce qu'un pouvoir est établi justifierait n'importe quel pouvoir. Rousseau écrit : « Obéissez aux puissances » : si cela veut dire « cédez à la force », le précepte est bon mais superflu, car il ne sera jamais violé. Le brigand au coin d'un bois tient un pistolet qui est aussi une puissance : on doit lui donner sa bourse, mais le fait-on en conscience ? Force ne fait pas droit.
Hume répond
Objection tirée du chapitre de Rousseau sur le « droit du plus fort » : obéir parce qu'un pouvoir est établi justifierait n'importe quel pouvoir. Rousseau écrit : « Obéissez aux puissances » : si cela veut dire « cédez à la force », le précepte est bon mais superflu, car il ne sera jamais violé. Le brigand au coin d'un bois tient un pistolet qui est aussi une puissance : on doit lui donner sa bourse, mais le fait-on en conscience ? Force ne fait pas droit.