Une idée vraie est une idée qui se vérifie : la vérité arrive à une idée
La théorie pragmatiste de la vérité
La vérité n'est pas une qualité immobile de l'idée : elle lui arrive. Une idée devient vraie par le processus qui la vérifie, et « le vrai » est ce qui, au bout du compte, nous guide bien dans notre manière de penser.
Dire qu'une idée est vraie, c'est dire qu'elle nous guide bien : on peut la vérifier, la confirmer, s'en servir sans qu'elle nous trompe.
« Une idée vraie est une idée qui se vérifie : la vérité arrive à une idée » est un argument de William James (Pragmatism, leçon VI, 1907, 1907) sur la question « Peut-on être certain de quelque chose ? » (réponse : par l'expérience, avec prudence). Sa thèse : La vérité n'est pas une qualité immobile de l'idée : elle lui arrive. Une idée devient vraie par le processus qui la vérifie, et « le vrai » est ce qui, au bout du compte, nous guide bien dans notre manière de penser. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Tout le monde, dit James, accepte que la vérité est un « accord » entre une idée et la réalité. Le désaccord commence quand on demande ce que veut dire « accord ». L'opinion courante répond : une copie. Pour l'horloge accrochée au mur, c'est vrai : je peux en garder l'image. Mais mon idée de ses rouages est bien moins une copie, et pour le passé ou pour une « force », on ne voit pas ce qu'elle copierait ; pourtant je parle vrai ou faux. James propose alors de poser la question habituelle des pragmatistes : quelle différence concrète cela fait-il, dans une vie, qu'une idée soit vraie ? Sa réponse : une idée vraie est celle qu'on peut assimiler, valider, confirmer et vérifier. La vérité n'est donc pas une qualité immobile qui dormirait dans l'idée. Elle lui arrive, par les expériences qui la confirment. Cette thèse a été violemment attaquée, notamment parce que la formule « le vrai est ce qui est avantageux » semble confondre vérité et utilité. C'est le débat ci-dessous.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un cas où l'on reconnaît toujours les idées vraies à leur vérification, mais où la vérité est autre chose que cette vérification : par exemple si une idée est vraie parce que les choses sont ainsi, et si la vérification n'est que notre moyen de l'apprendre.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Bertrand Russell 1910 · attaque la conclusionRussell juge que James confond le sens du mot « vrai » avec les effets de la croyance : « A existe » et « il est utile de croire que A existe » ne disent pas la même chose. Et l'utilité d'une croyance est bien plus difficile à établir que le fait qu'elle énonce. Une croyance fausse peut être très avantageuse, et une vraie très gênante. L'utile peut être un signe du vrai, il n'en est pas la définition.
James répond
Russell juge que James confond le sens du mot « vrai » avec les effets de la croyance : « A existe » et « il est utile de croire que A existe » ne disent pas la même chose. Et l'utilité d'une croyance est bien plus difficile à établir que le fait qu'elle énonce. Une croyance fausse peut être très avantageuse, et une vraie très gênante. L'utile peut être un signe du vrai, il n'en est pas la définition.
Objection anticipée par James (le passé) attaque la prémisse 4Si le vrai est ce qu'on a vérifié, que dire de toutes les vérités que personne ne vérifie jamais, comme le passé, ou la nature des rouages d'une horloge qu'on n'ouvre pas ? Doit-on les appeler « pas encore vraies » ?
James répond
Si le vrai est ce qu'on a vérifié, que dire de toutes les vérités que personne ne vérifie jamais, comme le passé, ou la nature des rouages d'une horloge qu'on n'ouvre pas ? Doit-on les appeler « pas encore vraies » ?
CCharles Sanders Peirce 1905 · attaque la conclusionPeirce, à qui James doit le mot « pragmatisme », juge que la satisfaction dont parle James est trop individuelle. Pour lui, le vrai est l'opinion sur laquelle tous les chercheurs finiraient par s'accorder, si l'enquête allait assez loin. Une croyance qui satisfait un seul homme ne suffit pas. En 1905, il rebaptise sa propre doctrine « pragmaticisme », un nom assez laid pour ne pas être volé.
James répond
Peirce, à qui James doit le mot « pragmatisme », juge que la satisfaction dont parle James est trop individuelle. Pour lui, le vrai est l'opinion sur laquelle tous les chercheurs finiraient par s'accorder, si l'enquête allait assez loin. Une croyance qui satisfait un seul homme ne suffit pas. En 1905, il rebaptise sa propre doctrine « pragmaticisme », un nom assez laid pour ne pas être volé.