La paix perpétuelle : des républiques, une fédération d'États libres et l'hospitalité universelle
Le projet de paix perpétuelle
Pour instituer la paix perpétuelle, il faut que chaque État soit une république, que les États forment une fédération et que les étrangers soient protégés par l'hospitalité ; et ce but n'est pas une chimère.
La paix n'est pas naturelle et doit être instituée : dans une république, ceux qui paient la guerre doivent y consentir.
« La paix perpétuelle : des républiques, une fédération d'États libres et l'hospitalité universelle » est un argument de Kant (Vers la paix perpétuelle (Zum ewigen Frieden), 1795, 1795) sur la question « Qu'est-ce qu'une société juste ? » (réponse : une seule humanité). Sa thèse : Pour instituer la paix perpétuelle, il faut que chaque État soit une république, que les États forment une fédération et que les étrangers soient protégés par l'hospitalité ; et ce but n'est pas une chimère. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 8 prémisses. AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
En 1795, l'Europe est en guerre et la Révolution française vient de l'ébranler. Kant propose un traité de paix pour de bon, qui ne soit pas une simple trêve. Son idée : la paix n'est pas l'état naturel entre les humains, elle doit être instituée, et seulement par le droit. Il en tire trois exigences, une pour chaque niveau de droit public. À l'intérieur, chaque État doit avoir une constitution républicaine. Entre les États, il faut une fédération d'États libres, pas un État mondial. Entre les individus et les États étrangers, le droit se limite à l'hospitalité : ne pas être traité en ennemi quand on arrive en paix. Il ajoute que la nature elle-même y pousse. C'est le camp « universel » parce que le droit y vaut pour tous les êtres humains, au-delà des frontières. La forme P1..P8 → C est notre reconstruction.
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Objections
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Hegel (pas de préteur entre les États) 1820 · attaque la prémisse 4Entre les États, il n'y a pas de préteur, c'est-à-dire pas de juge au-dessus d'eux, tout au plus des arbitres et des médiateurs, et encore seulement si les volontés particulières le veulent. L'idée kantienne d'une paix perpétuelle par une alliance d'États qui réglerait chaque différend suppose que les États soient d'accord, mais cet accord repose lui-même sur leur volonté souveraine, donc sur le hasard (Principes de la philosophie du droit, § 333, Remarque).
Kant répond
Entre les États, il n'y a pas de préteur, c'est-à-dire pas de juge au-dessus d'eux, tout au plus des arbitres et des médiateurs, et encore seulement si les volontés particulières le veulent. L'idée kantienne d'une paix perpétuelle par une alliance d'États qui réglerait chaque différend suppose que les États soient d'accord, mais cet accord repose lui-même sur leur volonté souveraine, donc sur le hasard (Principes de la philosophie du droit, § 333, Remarque).
CCarl Schmitt 1932 · attaque la conclusionPour Schmitt, le politique se définit par la possibilité de distinguer l'ami de l'ennemi, et la guerre en est l'éventualité extrême. Un monde où cette possibilité serait abolie par un ordre juridique universel n'aurait plus de politique : il serait dépolitisé. Il soupçonne aussi qu'au nom de l'humanité un État puisse dénier à son adversaire le statut d'ennemi ordinaire et lui faire une guerre sans limites (La notion de politique, 1932).
sans réponse
Pour Schmitt, le politique se définit par la possibilité de distinguer l'ami de l'ennemi, et la guerre en est l'éventualité extrême. Un monde où cette possibilité serait abolie par un ordre juridique universel n'aurait plus de politique : il serait dépolitisé. Il soupçonne aussi qu'au nom de l'humanité un État puisse dénier à son adversaire le statut d'ennemi ordinaire et lui faire une guerre sans limites (La notion de politique, 1932).
John Rawls 1999 · attaque la prémisse 2Rawls reprend l'idée kantienne d'une société des peuples libres, mais pas l'exigence que tous soient des républiques. Il admet qu'un peuple « décent », non libéral et hiérarchique mais respectueux des droits humains et de la paix, soit membre à part entière de cette société. Les peuples libéraux doivent le tolérer, non le contraindre à devenir une démocratie (Le droit des gens, 1999).
sans réponse
Rawls reprend l'idée kantienne d'une société des peuples libres, mais pas l'exigence que tous soient des républiques. Il admet qu'un peuple « décent », non libéral et hiérarchique mais respectueux des droits humains et de la paix, soit membre à part entière de cette société. Les peuples libéraux doivent le tolérer, non le contraindre à devenir une démocratie (Le droit des gens, 1999).