La subjectivité est la vérité
Pour un être qui existe, la vérité essentielle est dans le rapport passionné du sujet : « la subjectivité est la vérité ».
La recherche objective ne finit jamais, alors que la décision sur ma vie est urgente : la vérité essentielle est dans mon rapport passionné.
« La subjectivité est la vérité » est un argument de Søren Kierkegaard (Post-scriptum, II, 2, chap. 2 (Johannes Climacus)) sur la question « Peut-on être certain de quelque chose ? » (réponse : ce qui échappe aux mots). Sa thèse : Pour un être qui existe, la vérité essentielle est dans le rapport passionné du sujet : « la subjectivité est la vérité ». Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Johannes Climacus, pseudonyme de Kierkegaard qui se dit lui-même non chrétien, signe le Post-scriptum (1846) ; Kierkegaard a demandé qu'on lui attribue ces mots. Climacus ne parle pas des mathématiques ni des faits ordinaires, mais des vérités qui engagent toute une vie : Dieu, l'immortalité, comment vivre. Pour celles-là, dit-il, ce qui compte n'est pas seulement ce que l'on croit, mais comment on le croit : « Objectivement on accentue ce qui est dit ; subjectivement, comment cela est dit. »
clique sur une prémisse pour la rejeter
Sans la prémisse implicite : Sans P3, l'ordinateur trouve un cas où la recherche objective ne tranche pas, où il faut décider maintenant, et où la vérité est pourtant du côté de l'objet : on doit alors décider sans la posséder.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
OObjection anticipée par Johannes Climacus : la folie attaque la conclusionSi la vérité est dans la passion du sujet, le fou passionné par son idée fixe serait dans la vérité. On ne pourrait plus distinguer la vérité de la folie.
Kierkegaard répond
Si la vérité est dans la passion du sujet, le fou passionné par son idée fixe serait dans la vérité. On ne pourrait plus distinguer la vérité de la folie.
OObjection courante : le relativisme attaque la conclusionSi seul compte le « comment », toute croyance tenue avec assez de passion devient vraie. Son propre exemple le montre : l'idolâtre passionné serait plus dans la vérité que le chrétien distrait. C'est « à chacun sa vérité ».
Kierkegaard répond
Si seul compte le « comment », toute croyance tenue avec assez de passion devient vraie. Son propre exemple le montre : l'idolâtre passionné serait plus dans la vérité que le chrétien distrait. C'est « à chacun sa vérité ».
Paul Edwards, « Kierkegaard and the "Truth" of Christianity » 1971 · attaque la prémisse 4Le choix « l'objet ou le rapport » est un faux dilemme. Le mot « vérité » change de sens en route : une croyance est vraie si ce qu'elle dit est le cas ; « être dans la vérité » par sa passion, c'est être sincère. La sincérité ne rend pas une croyance vraie, et on peut avoir les deux à la fois.
sans réponse
Le choix « l'objet ou le rapport » est un faux dilemme. Le mot « vérité » change de sens en route : une croyance est vraie si ce qu'elle dit est le cas ; « être dans la vérité » par sa passion, c'est être sincère. La sincérité ne rend pas une croyance vraie, et on peut avoir les deux à la fois.