Le pouvoir est un dépôt de confiance : le peuple peut le reprendre et en appeler au ciel
Le droit de résistance de Locke
Quand une longue suite d'abus révèle un dessein d'asservir le peuple, celui-ci a le droit de résister, de remplacer le pouvoir, et de juger lui-même, en appelant au ciel.
Le pouvoir est un dépôt confié pour protéger le peuple : s'il l'asservit, il perd la confiance et le peuple est délié de l'obéissance.
« Le pouvoir est un dépôt de confiance : le peuple peut le reprendre et en appeler au ciel » est un argument de John Locke (Locke, Second traité du gouvernement, chap. XIX, §§222-243 (1689), 1689) sur la question « Faut-il toujours obéir à la loi ? » (réponse : le droit de se révolter). Sa thèse : Quand une longue suite d'abus révèle un dessein d'asservir le peuple, celui-ci a le droit de résister, de remplacer le pouvoir, et de juger lui-même, en appelant au ciel. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
En 1689, juste après la Révolution anglaise de 1688, Locke publie un livre écrit en bonne partie dans les années 1680 : il y soutient qu'on peut résister à un roi et même le remplacer. Son idée centrale : le pouvoir du gouvernement est un dépôt confié par le peuple pour une fin précise, la protection de la vie, de la liberté et des biens. Si le gouvernement trahit cette fin, il se met en état de guerre contre le peuple, qui est libéré de l'obéissance. Locke ne dit pas qu'on peut se révolter pour peu de chose : il demande une longue suite d'abus qui montre un dessein. Et comme il n'existe pas de juge sur terre au-dessus du peuple et du pouvoir, il reste, selon lui, « l'appel au ciel ». La forme P1 à P5 → C est notre reconstruction.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un cas où le pouvoir a trahi sa mission, où il n'y a pas de juge sur terre, et où pourtant ce n'est pas le peuple qui doit juger : par exemple si l'on confiait le jugement à un autre pouvoir ou à des sages. Locke pose que ce ne peut être que le peuple, car c'est lui qui a donné la confiance.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Thomas Hobbes 1651 · attaque la prémisse 1Hobbes soutient que le souverain ne conclut aucun pacte avec ses sujets : le droit de les représenter lui est donné par un pacte des sujets entre eux seulement, et non de lui à aucun d'eux. Il ne peut donc y avoir aucune rupture de pacte de sa part, et aucun sujet, sous prétexte de déchéance, ne peut être libéré de sa soumission.
Locke répond
Hobbes soutient que le souverain ne conclut aucun pacte avec ses sujets : le droit de les représenter lui est donné par un pacte des sujets entre eux seulement, et non de lui à aucun d'eux. Il ne peut donc y avoir aucune rupture de pacte de sa part, et aucun sujet, sous prétexte de déchéance, ne peut être libéré de sa soumission.
Emmanuel Kant 1797 · attaque la prémisse 5Kant objecte que l'idée d'un droit de résister se contredit : il faudrait une loi publique qui l'autorise, et la législation suprême cesserait d'être suprême. Et il demande qui serait juge dans un conflit entre le peuple et le souverain : le peuple le voudrait être dans sa propre cause.
Locke répond
Kant objecte que l'idée d'un droit de résister se contredit : il faudrait une loi publique qui l'autorise, et la législation suprême cesserait d'être suprême. Et il demande qui serait juge dans un conflit entre le peuple et le souverain : le peuple le voudrait être dans sa propre cause.
David Hume 1748 · attaque la prémisse 3Hume admet la résistance dans les cas extrêmes, mais il craint ses effets : outre les maux d'une guerre civile, l'esprit de rébellion chez un peuple est une des causes principales de la tyrannie des gouvernants, qu'il pousse à des mesures violentes qu'ils n'auraient pas prises si chacun avait été disposé à l'obéissance. Il vaut mieux serrer très fort le lien de l'obéissance.
Locke répond
Hume admet la résistance dans les cas extrêmes, mais il craint ses effets : outre les maux d'une guerre civile, l'esprit de rébellion chez un peuple est une des causes principales de la tyrannie des gouvernants, qu'il pousse à des mesures violentes qu'ils n'auraient pas prises si chacun avait été disposé à l'obéissance. Il vaut mieux serrer très fort le lien de l'obéissance.