Aucun droit de résistance contre le pouvoir législatif
Le refus kantien du droit de révolte
Le peuple n'a aucun droit de résister activement au chef législateur de l'État, même s'il abuse de son pouvoir.
Un droit de résister à la loi suprême supposerait une loi qui l'autorise, donc une loi suprême qui ne serait plus suprême.
« Aucun droit de résistance contre le pouvoir législatif » est un argument de Kant (Métaphysique des mœurs, Doctrine du droit, §49, Remarque générale A (1797), 1797) sur la question « Faut-il toujours obéir à la loi ? » (réponse : obéir). Sa thèse : Le peuple n'a aucun droit de résister activement au chef législateur de l'État, même s'il abuse de son pouvoir. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
En 1797, Kant, qui a salué la Révolution française de loin, écrit pourtant que le peuple n'a aucun droit de se révolter contre le chef de l'État, même devant un abus qu'on dit insupportable. Ce n'est pas un éloge du pouvoir : c'est une thèse sur ce qu'est un droit. Un droit existe seulement dans un ordre de lois publiques. Un droit de résistance au pouvoir législatif suprême serait donc une loi qui permet de désobéir à la loi suprême, ce qui se contredit. Kant ne dit pas que le peuple doit approuver un tyran : il lui retire seulement le droit de s'en prendre à lui par la force. La forme P1 à P3 → C est notre reconstruction.
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Sans la prémisse implicite : Sans P3, l'ordinateur trouve un cas où le peuple a un droit de résister sans qu'aucune loi publique ne le prévoie (par exemple un droit moral ou naturel). Les deux autres prémisses ne l'excluent pas. C'est exactement ce que Locke et Thomas d'Aquin soutiennent.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
John Locke 1689 · attaque la prémisse 1À la question « qui jugera si le prince ou le législateur agit contre la confiance qu'on lui a faite ? », Locke répond : le peuple. Celui qui a confié un pouvoir à un mandataire garde le pouvoir de le révoquer s'il manque à sa confiance. Il n'y a rien de contradictoire à cela : le pouvoir du législateur est un dépôt, non une propriété.
Kant répond
À la question « qui jugera si le prince ou le législateur agit contre la confiance qu'on lui a faite ? », Locke répond : le peuple. Celui qui a confié un pouvoir à un mandataire garde le pouvoir de le révoquer s'il manque à sa confiance. Il n'y a rien de contradictoire à cela : le pouvoir du législateur est un dépôt, non une propriété.
David Hume 1748 · attaque la conclusionHume pense lui aussi qu'il faut tenir très serré le lien de l'obéissance, mais il admet la résistance dans les cas extrêmes : l'obéissance au gouvernement n'étant due qu'à cause de son utilité publique, ce devoir doit céder, dans les cas extraordinaires où la ruine publique suivrait évidemment l'obéissance. Il note que personne, en lisant les révoltes contre Néron ou Philippe II, n'est assez aveuglé par son parti pour ne pas en souhaiter le succès.
Kant répond
Hume pense lui aussi qu'il faut tenir très serré le lien de l'obéissance, mais il admet la résistance dans les cas extrêmes : l'obéissance au gouvernement n'étant due qu'à cause de son utilité publique, ce devoir doit céder, dans les cas extraordinaires où la ruine publique suivrait évidemment l'obéissance. Il note que personne, en lisant les révoltes contre Néron ou Philippe II, n'est assez aveuglé par son parti pour ne pas en souhaiter le succès.
Thomas d'Aquin 1270 · attaque la conclusionLes lois injustes, celles qui imposent des charges au profit du chef, dépassent son pouvoir ou répartissent mal les charges, sont plutôt des violences que des lois. Elles n'obligent pas en conscience, sauf pour éviter le scandale ou le désordre. Et celles qui ordonnent contre la loi de Dieu ne doivent jamais être observées.
Kant répond
Les lois injustes, celles qui imposent des charges au profit du chef, dépassent son pouvoir ou répartissent mal les charges, sont plutôt des violences que des lois. Elles n'obligent pas en conscience, sauf pour éviter le scandale ou le désordre. Et celles qui ordonnent contre la loi de Dieu ne doivent jamais être observées.