Une loi injuste n'est pas vraiment une loi
Lex iniusta non est lex
Une loi injuste n'oblige pas en conscience (sauf pour éviter un scandale ou un trouble), et si elle ordonne contre la loi divine, il ne faut en aucun cas l'observer.
Une loi qui s'écarte de la raison et du bien commun est plus une violence qu'une loi : elle n'oblige donc pas la conscience.
« Une loi injuste n'est pas vraiment une loi » est un argument de Thomas d'Aquin (Thomas d'Aquin, Somme théologique, I-II, q.96, a.4 (vers 1270), 1270) sur la question « Faut-il toujours obéir à la loi ? » (réponse : la conscience d'abord). Sa thèse : Une loi injuste n'oblige pas en conscience (sauf pour éviter un scandale ou un trouble), et si elle ordonne contre la loi divine, il ne faut en aucun cas l'observer. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 3 prémisses. AskPhilosophy présente 3 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Faut-il toujours obéir à la loi ? Pour Thomas d'Aquin, cela dépend de ce qu'est une loi. Une loi n'est pas seulement un ordre appuyé par la force : c'est une règle de la raison, orientée vers le bien commun. Quand elle s'en écarte (parce que le chef pense à son profit, dépasse son pouvoir ou répartit mal les charges), elle garde une apparence de loi mais ressemble plus à une violence. Alors elle n'oblige pas la conscience, sauf si la désobéissance causerait un scandale ou un trouble plus grand. Et quand elle ordonne ce que Dieu défend, il ne faut jamais l'observer. La forme P1 à P3 → C est notre reconstruction.
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Objections
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Objection anticipée par Thomas d'Aquin 1270 · attaque la prémisse 1Il semble que la loi humaine n'oblige pas en conscience : une puissance inférieure ne peut pas imposer de loi au jugement d'une puissance supérieure. Or la puissance de l'homme qui fait la loi humaine est inférieure à la puissance divine. Donc la loi humaine ne peut imposer de loi au jugement divin, qui est le jugement de la conscience.
Thomas d'Aquin répond
Il semble que la loi humaine n'oblige pas en conscience : une puissance inférieure ne peut pas imposer de loi au jugement d'une puissance supérieure. Or la puissance de l'homme qui fait la loi humaine est inférieure à la puissance divine. Donc la loi humaine ne peut imposer de loi au jugement divin, qui est le jugement de la conscience.
Thomas Hobbes 1651 · attaque la prémisse 2Hobbes refuse de parler de loi injuste : par une bonne loi, dit-il, je n'entends pas une loi juste, car aucune loi ne peut être injuste. La loi est faite par le pouvoir souverain, et tout ce que fait ce pouvoir est autorisé et reconnu par chacun du peuple ; ce que chacun veut ainsi, personne ne peut dire que c'est injuste. Il en va des lois d'un État comme des règles d'un jeu : ce dont tous les joueurs conviennent n'est une injustice pour aucun d'eux.
un défenseur répond
Hobbes refuse de parler de loi injuste : par une bonne loi, dit-il, je n'entends pas une loi juste, car aucune loi ne peut être injuste. La loi est faite par le pouvoir souverain, et tout ce que fait ce pouvoir est autorisé et reconnu par chacun du peuple ; ce que chacun veut ainsi, personne ne peut dire que c'est injuste. Il en va des lois d'un État comme des règles d'un jeu : ce dont tous les joueurs conviennent n'est une injustice pour aucun d'eux.
Voir la suite du débat (1)
Les Lois (personnage de Platon) 390 av. J.-C. · attaque la conclusionObjection tirée du Criton, écrit bien avant Thomas. Selon Platon, les Lois disent à Socrate qu'il doit soit convaincre la cité, soit faire ce qu'elle ordonne, y compris souffrir ce qu'elle ordonne de souffrir, sans reculer. S'il fuit après une condamnation même injuste, il détruit, autant qu'il le peut, les lois et la cité.
un défenseur répond
Objection tirée du Criton, écrit bien avant Thomas. Selon Platon, les Lois disent à Socrate qu'il doit soit convaincre la cité, soit faire ce qu'elle ordonne, y compris souffrir ce qu'elle ordonne de souffrir, sans reculer. S'il fuit après une condamnation même injuste, il détruit, autant qu'il le peut, les lois et la cité.