La loi naturelle
Conserver la vie, prendre soin de ses enfants, chercher la vérité et vivre en paix avec les autres sont des préceptes de la loi naturelle, valables pour tous.
Ce vers quoi nous incline notre nature, la raison le saisit comme un bien : vivre, élever ses enfants, connaître la vérité.
« La loi naturelle » est un argument de Thomas d'Aquin (Somme théologique, I-II, q.94, a.2) sur la question « Qu'est-ce qui est bien ? » (réponse : la nature ou la conscience). Sa thèse : Conserver la vie, prendre soin de ses enfants, chercher la vérité et vivre en paix avec les autres sont des préceptes de la loi naturelle, valables pour tous. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 4 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Existe-t-il des règles morales valables pour tous les humains, croyants ou non ? Thomas répond oui : la raison les lit dans nos inclinations naturelles, à partir d'un principe que tout le monde admet.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où nous sommes portés vers la vie ou la vie en société, où la raison les perçoit comme des biens, mais où cette perception est fausse : rien alors ne nous oblige à les rechercher.
Objections
4Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
OObjection anticipée par Thomas (q.94, a.4, objection 3) attaque la prémisse 3Les humains n'ont pas tous les mêmes inclinations : certains sont portés vers les plaisirs, d'autres vers les honneurs, d'autres vers autre chose. Il ne peut donc pas y avoir une seule loi naturelle pour tous.
Thomas d'Aquin répond
Les humains n'ont pas tous les mêmes inclinations : certains sont portés vers les plaisirs, d'autres vers les honneurs, d'autres vers autre chose. Il ne peut donc pas y avoir une seule loi naturelle pour tous.
OObjection anticipée par Thomas (q.94, a.4 : la diversité des peuples) attaque la prémisse 2Les peuples ne jugent pas de la même façon. Thomas cite lui-même l'exemple : selon Jules César, les anciens Germains ne tenaient pas le pillage pour injuste. Si la raison voyait naturellement le bien, tous verraient la même chose.
Thomas d'Aquin répond
Les peuples ne jugent pas de la même façon. Thomas cite lui-même l'exemple : selon Jules César, les anciens Germains ne tenaient pas le pillage pour injuste. Si la raison voyait naturellement le bien, tous verraient la même chose.
Hume (on ne tire pas un « doit » d'un « est ») 1740 · attaque la prémisse 4De ce qui est (nous sommes portés vers telle chose), on ne peut pas déduire ce qui doit être (il faut la rechercher). Une inclination naturelle reste un fait ; il faut une raison supplémentaire pour en faire un devoir. Le texte de Hume (Traité de la nature humaine, livre III) n'est pas encore dans notre corpus.
sans réponse
De ce qui est (nous sommes portés vers telle chose), on ne peut pas déduire ce qui doit être (il faut la rechercher). Une inclination naturelle reste un fait ; il faut une raison supplémentaire pour en faire un devoir. Le texte de Hume (Traité de la nature humaine, livre III) n'est pas encore dans notre corpus.
Darwin et la biologie de l'évolution 1871 · attaque la prémisse 4Darwin explique le sens moral par l'évolution (La Filiation de l'homme, 1871). Nos inclinations viennent de la sélection naturelle : elles ont aidé nos ancêtres à survivre et à se reproduire. Rien ne garantit qu'elles indiquent ce qui est bon ; certaines (l'agressivité, la méfiance envers les étrangers) sont naturelles et pourtant mauvaises.
sans réponse
Darwin explique le sens moral par l'évolution (La Filiation de l'homme, 1871). Nos inclinations viennent de la sélection naturelle : elles ont aidé nos ancêtres à survivre et à se reproduire. Rien ne garantit qu'elles indiquent ce qui est bon ; certaines (l'agressivité, la méfiance envers les étrangers) sont naturelles et pourtant mauvaises.