L'esprit naît, vieillit et souffre avec le corps : il est matériel et mortel
Les preuves de la mortalité de l'âme chez Lucrèce ; « l'esprit est une partie de l'homme »
L'esprit est une chose matérielle, une partie de l'homme, qui est mortelle : il ne survit pas à la dissolution du corps.
L'esprit grandit, vieillit, tombe malade, s'enivre et guérit avec le corps, et ne meut les membres que par contact : il est donc corporel.
« L'esprit naît, vieillit et souffre avec le corps : il est matériel et mortel » est un argument de Lucrèce (De la nature des choses, III, 94-135, 161-176, 445-529, 55 av. J.-C.) sur la question « L'esprit est-il le cerveau ? » (réponse : l'esprit vient de la matière). Sa thèse : L'esprit est une chose matérielle, une partie de l'homme, qui est mortelle : il ne survit pas à la dissolution du corps. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P7). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Pour beaucoup de gens, penser serait l'affaire d'une âme à part, qui habiterait le corps comme un locataire. Lucrèce, poète latin et disciple d'Épicure, répond avec des faits que chacun peut vérifier. L'esprit, dit-il, est une partie de l'homme comme la main ou l'œil. Il naît avec le corps, il est faible chez l'enfant et vacille chez le vieillard. La maladie le trouble, le vin l'enivre, un médicament le guérit. Et il fait bouger le corps, ce que seule une chose corporelle peut faire. Ce qui change ainsi avec le corps est matériel, et donc mortel. Il écrit cela vers 55 av. J.-C., pour guérir la peur de la mort (voir l'argument sur la mort, lucrece-symetrie). Le texte latin est dans notre corpus ; le français est la traduction de Nisard (1868), libre, et l'anglais une traduction en vers ancienne, au découpage différent.
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Sans la prémisse implicite : Sans P7, on peut accepter tous les faits et dire pourtant que l'esprit est d'une autre nature : un pianiste joue mal sur un piano désaccordé sans que sa musique soit une partie du piano. L'esprit dépendrait du corps comme le musicien de son instrument, sans lui être identique, et pourrait survivre à l'instrument.
Objections
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Platon 360 av. J.-C. · attaque la prémisse 7Dans le Phédon, Socrate refuse que l'âme soit une simple harmonie du corps, comme l'accord d'une lyre. Si elle l'était, elle ne pourrait que suivre les états du corps. Or elle fait le contraire : elle résiste aux désirs du corps, par exemple elle empêche de boire quand le corps a soif. Ce qui commande au corps ne se réduit donc pas à ce que le corps lui donne.
Lucrèce répond
Dans le Phédon, Socrate refuse que l'âme soit une simple harmonie du corps, comme l'accord d'une lyre. Si elle l'était, elle ne pourrait que suivre les états du corps. Or elle fait le contraire : elle résiste aux désirs du corps, par exemple elle empêche de boire quand le corps a soif. Ce qui commande au corps ne se réduit donc pas à ce que le corps lui donne.
Henri Bergson 1912 · attaque la prémisse 7Dans « L'âme et le corps », Bergson admet que la vie de la conscience est liée à la vie du corps, qu'il y a solidarité entre elles, rien de plus. Il compare la conscience à un vêtement accroché à un clou : le vêtement tombe si l'on arrache le clou, il se déchire si le clou est pointu, sans que le clou soit le vêtement. Montrer que l'esprit dépend du cerveau ne prouve pas qu'il soit le cerveau.
sans réponse
Dans « L'âme et le corps », Bergson admet que la vie de la conscience est liée à la vie du corps, qu'il y a solidarité entre elles, rien de plus. Il compare la conscience à un vêtement accroché à un clou : le vêtement tombe si l'on arrache le clou, il se déchire si le clou est pointu, sans que le clou soit le vêtement. Montrer que l'esprit dépend du cerveau ne prouve pas qu'il soit le cerveau.
René Descartes 1641 · attaque la conclusionDans la sixième Méditation, Descartes a une idée claire et distincte de lui-même comme chose qui pense et n'est pas étendue, et une idée distincte du corps comme chose étendue qui ne pense pas. Il en conclut que son âme est entièrement et véritablement distincte de son corps, et qu'elle peut exister sans lui. Il reconnaît pourtant qu'elle lui est très étroitement conjointe, ce qui explique les effets que Lucrèce énumère.
sans réponse
Dans la sixième Méditation, Descartes a une idée claire et distincte de lui-même comme chose qui pense et n'est pas étendue, et une idée distincte du corps comme chose étendue qui ne pense pas. Il en conclut que son âme est entièrement et véritablement distincte de son corps, et qu'elle peut exister sans lui. Il reconnaît pourtant qu'elle lui est très étroitement conjointe, ce qui explique les effets que Lucrèce énumère.