Le clinamen : les atomes dévient, donc la volonté est libre
Le clinamen (la déviation des atomes)
Les atomes ont, en plus du poids et des chocs, une très légère déviation (le clinamen), sans lieu ni moment fixés. Elle empêche l'esprit d'être contraint de l'intérieur comme une chose vaincue, et rend possible notre volonté libre.
Si les atomes ne faisaient que tomber et se heurter, tout serait écrit d'avance ; une légère déviation brise la chaîne.
« Le clinamen : les atomes dévient, donc la volonté est libre » est un argument de Lucrèce (De rerum natura II, vers 216-293 (vers 55 av. J.-C.), 55 av. J.-C.) sur la question « Sommes-nous libres ? » (réponse : le libre arbitre). Sa thèse : Les atomes ont, en plus du poids et des chocs, une très légère déviation (le clinamen), sans lieu ni moment fixés. Elle empêche l'esprit d'être contraint de l'intérieur comme une chose vaincue, et rend possible notre volonté libre. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 4 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Pour les épicuriens, le monde est fait d'atomes qui tombent dans le vide et se heurtent. Mais si chaque mouvement venait toujours d'un mouvement précédent, d'où viendrait notre volonté libre, qui nous pousse là où le plaisir nous appelle ? Lucrèce répond : les atomes dévient un tout petit peu, sans lieu ni moment fixés. Cette déviation, le « clinamen », brise la chaîne du destin et rend la volonté libre possible. C'est la première tentative connue de fonder la liberté sur un hasard de la nature elle-même, et elle a été attaquée dès l'Antiquité.
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Sans la prémisse implicite : Sans la prémisse cachée P4, on peut tout accepter et dire : la volonté commence des mouvements, mais elle n'est pas faite d'atomes. Alors la déviation n'est pas nécessaire. C'est la position de ceux qui, comme Platon, voient dans l'âme autre chose qu'un assemblage d'atomes.
Objections
4Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Cicéron 44 av. J.-C. · attaque la conclusionCicéron, qui expose la doctrine, note que cette déviation est un mouvement sans cause : Épicure est bien forcé de l'avouer dans les faits, sinon en paroles. Un mouvement qui apparaît en dehors du poids et du choc, sans rien qui le provoque, n'explique donc rien.
sans réponse
Cicéron, qui expose la doctrine, note que cette déviation est un mouvement sans cause : Épicure est bien forcé de l'avouer dans les faits, sinon en paroles. Un mouvement qui apparaît en dehors du poids et du choc, sans rien qui le provoque, n'explique donc rien.
Carnéade, rapporté par Cicéron 44 av. J.-C. · attaque la prémisse 5Carnéade, plus subtil, enseignait que les épicuriens pouvaient défendre leur cause sans cette déviation inventée. Puisqu'ils affirment qu'il existe un mouvement volontaire de l'esprit, il valait mieux défendre cela que d'introduire une déviation dont ils ne peuvent trouver la cause.
sans réponse
Carnéade, plus subtil, enseignait que les épicuriens pouvaient défendre leur cause sans cette déviation inventée. Puisqu'ils affirment qu'il existe un mouvement volontaire de l'esprit, il valait mieux défendre cela que d'introduire une déviation dont ils ne peuvent trouver la cause.
David Hume 1739 · attaque la conclusionHume tient la liberté qui supprime les causes pour la même chose que le hasard. Or une action qui ne vient de rien de durable dans le caractère de la personne ne s'imprime pas en elle. Elle ne lui fait ni honneur si elle est bonne, ni honte si elle est mauvaise : la personne n'en est pas responsable.
sans réponse
Hume tient la liberté qui supprime les causes pour la même chose que le hasard. Or une action qui ne vient de rien de durable dans le caractère de la personne ne s'imprime pas en elle. Elle ne lui fait ni honneur si elle est bonne, ni honte si elle est mauvaise : la personne n'en est pas responsable.
Les arguments de la « chance » (van Inwagen, Mele, Haji), résumés par O'Connor et Franklin 1983 · attaque la conclusionUne seconde famille d'arguments contre le libre arbitre soutient que les théories non déterministes de la liberté entraînent soit que l'agent n'a pas de contrôle sur ses choix, soit que ces choix ne peuvent pas être expliqués de façon satisfaisante. On les appelle les arguments de l'« Esprit », du « Retour en arrière » ou de la « Chance ». C'est l'objection de Hume reprise contre l'indéterminisme moderne.
Lucrèce répond
Une seconde famille d'arguments contre le libre arbitre soutient que les théories non déterministes de la liberté entraînent soit que l'agent n'a pas de contrôle sur ses choix, soit que ces choix ne peuvent pas être expliqués de façon satisfaisante. On les appelle les arguments de l'« Esprit », du « Retour en arrière » ou de la « Chance ». C'est l'objection de Hume reprise contre l'indéterminisme moderne.