De Dieu, on ne peut dire que ce qu'il n'est pas : la connaissance s'achève en silence
La théologie négative ; la voie négative ; les attributs de Dieu (Maïmonide)
La connaissance humaine de Dieu se limite à son existence et à ce qu'il n'est pas ; ce qu'il est dépasse la raison, et l'éloge le plus juste est le silence.
Dieu est absolument simple, donc toute qualité positive lui serait fausse : on ne peut dire que ce qu'il n'est pas.
« De Dieu, on ne peut dire que ce qu'il n'est pas : la connaissance s'achève en silence » est un argument de Moïse Maïmonide (Guide des égarés, I, 58-60 (vers 1190), 1190) sur la question « Faut-il croire sans preuve ? » (réponse : la foi va au-delà). Sa thèse : La connaissance humaine de Dieu se limite à son existence et à ce qu'il n'est pas ; ce qu'il est dépasse la raison, et l'éloge le plus juste est le silence. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Dire « Dieu est bon, Dieu est sage, Dieu est puissant », est-ce vraiment dire quelque chose de Dieu ? Maïmonide, médecin et philosophe juif de Cordoue, répond : non, pas au sens où l'on dit que Socrate est sage. Dieu est absolument simple : il n'a ni parties ni qualités qui s'ajouteraient à son être. Toute qualité positive que nous lui prêtons serait donc fausse, ou ne dirait que ses actions. Ce que la raison peut établir, c'est qu'il existe et ce qu'il n'est pas (ni corps, ni changeant, ni multiple). Plus on prouve de choses qu'il n'est pas, plus on s'approche de lui ; et la forme la plus juste de l'éloge est le silence. Précision importante : Maïmonide pense que l'existence de Dieu se démontre ; ce qui dépasse la raison, c'est ce que Dieu est. Nous citons la traduction anglaise de Friedländer (1re éd. 1881-1885, 2e éd. revue 1904, réimpr. 1910), du domaine public.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, on peut accepter P1 à P3 tout en soutenant que nos mots, bien qu'imparfaits, disent vraiment quelque chose de Dieu (par analogie). La raison ne s'arrête alors pas au seuil de l'essence et la conclusion tombe.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Thomas d'Aquin 1268 · attaque la prémisse 2Dans la Somme théologique, Thomas d'Aquin attribue cette thèse à « Rabbi Moïse » et la juge insuffisante. Quand les croyants disent que Dieu est vivant, ils veulent dire plus que « Dieu n'est pas inanimé » ou « Dieu est cause de notre vie ». Les noms comme « bon » ou « sage » signifient vraiment la substance divine, mais imparfaitement, comme les créatures la représentent imparfaitement.
un défenseur répond
Dans la Somme théologique, Thomas d'Aquin attribue cette thèse à « Rabbi Moïse » et la juge insuffisante. Quand les croyants disent que Dieu est vivant, ils veulent dire plus que « Dieu n'est pas inanimé » ou « Dieu est cause de notre vie ». Les noms comme « bon » ou « sage » signifient vraiment la substance divine, mais imparfaitement, comme les créatures la représentent imparfaitement.
Hume (Cléanthe, dans les Dialogues) 1779 · attaque la conclusionDans les Dialogues sur la religion naturelle, le personnage Cléanthe demande à Déméa, qui soutient l'incompréhensibilité absolue de Dieu, en quoi ces « Mystiques » diffèrent des sceptiques ou des athées, pour qui la cause première est inconnue et inintelligible. Si l'on ne peut rien dire de Dieu, parler de lui n'a plus de sens.
un défenseur répond
Dans les Dialogues sur la religion naturelle, le personnage Cléanthe demande à Déméa, qui soutient l'incompréhensibilité absolue de Dieu, en quoi ces « Mystiques » diffèrent des sceptiques ou des athées, pour qui la cause première est inconnue et inintelligible. Si l'on ne peut rien dire de Dieu, parler de lui n'a plus de sens.
Alvin Plantinga 1980 · attaque la prémisse 1Plantinga conteste la simplicité absolue de Dieu, d'où part Maïmonide. Si Dieu est identique à chacune de ses propriétés, alors il est identique à une propriété, et une propriété n'est pas une personne qui agit, sait et aime. La simplicité absolue paraît donc incompatible avec un Dieu personnel.
un défenseur répond
Plantinga conteste la simplicité absolue de Dieu, d'où part Maïmonide. Si Dieu est identique à chacune de ses propriétés, alors il est identique à une propriété, et une propriété n'est pas une personne qui agit, sait et aime. La simplicité absolue paraît donc incompatible avec un Dieu personnel.