L'enfant au bord du puits : la bonté est dans notre nature
L'enfant au bord du puits ; les quatre germes ; « la nature humaine est bonne »
La nature humaine est bonne. Si l'homme fait le mal, ce n'est pas la faute de ses dispositions naturelles.
Devant un enfant près du puits, on ressent aussitôt de la compassion, sans calcul ni apprentissage : elle vient de notre nature.
« L'enfant au bord du puits : la bonté est dans notre nature » est un argument de Mencius (Mencius 2A.6 et 6A.1-8 (IVe siècle av. J.-C.), 320 av. J.-C.) sur la question « L'être humain est-il bon par nature ? » (réponse : bon par nature). Sa thèse : La nature humaine est bonne. Si l'homme fait le mal, ce n'est pas la faute de ses dispositions naturelles. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Imagine que tu vois soudain un petit enfant sur le point de tomber dans un puits. Avant même de réfléchir, tu sursautes et ton cœur se serre. Mencius, le grand disciple de Confucius, part de cette réaction pour défendre une thèse célèbre : la nature humaine est bonne. Nous naissons avec quatre « germes » de vertu, comme nous naissons avec quatre membres ; il reste à les faire grandir. Le texte ne présente pas l'argument sous forme de prémisses : la forme P1 à P5 ci-dessous est notre reconstruction, à partir de 2A.6 et des débats avec Gaozi (6A).
clique sur une prémisse pour la rejeter
Sans la prémisse implicite : Sans P3, l'ordinateur trouve un cas où tout le monde éprouve de la compassion devant l'enfant, sans calcul, mais où ce sentiment a été appris dans la petite enfance : il ne prouve plus rien sur la nature humaine.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Gaozi 320 av. J.-C. · attaque la conclusionLa nature humaine est comme le bois du saule, et la justice comme une coupe : faire de l'homme quelqu'un de bon, c'est fabriquer une coupe avec du saule. La bonté est façonnée de l'extérieur, elle n'est pas dans la nature.
Mencius répond
La nature humaine est comme le bois du saule, et la justice comme une coupe : faire de l'homme quelqu'un de bon, c'est fabriquer une coupe avec du saule. La bonté est façonnée de l'extérieur, elle n'est pas dans la nature.
Voir la suite du débat (1)
Xunzi 250 av. J.-C. · attaque la conclusionLa nature humaine est mauvaise ; ce qui est bon en l'homme est le fruit d'un effort. Mencius affirme que la nature est bonne, mais sans preuve : sa thèse ne se vérifie pas dans les faits. Si la nature était bonne, on pourrait se passer des rois sages et des rites ; c'est parce qu'elle est mauvaise qu'il faut des maîtres pour redresser l'homme, comme on redresse du bois tordu.
Mencius répond
La nature humaine est mauvaise ; ce qui est bon en l'homme est le fruit d'un effort. Mencius affirme que la nature est bonne, mais sans preuve : sa thèse ne se vérifie pas dans les faits. Si la nature était bonne, on pourrait se passer des rois sages et des rites ; c'est parce qu'elle est mauvaise qu'il faut des maîtres pour redresser l'homme, comme on redresse du bois tordu.
Hobbes 1651 · attaque la prémisse 2La pitié n'est pas si désintéressée. Être triste du malheur d'un autre, c'est imaginer que le même malheur pourrait nous arriver. C'est pourquoi on a moins de pitié quand on se croit à l'abri. Pour Hobbes, ce qui guide d'abord les hommes est le souci de soi, et sans pouvoir commun ils sont en guerre les uns contre les autres (voir son argument sur l'état de nature).
sans réponse
La pitié n'est pas si désintéressée. Être triste du malheur d'un autre, c'est imaginer que le même malheur pourrait nous arriver. C'est pourquoi on a moins de pitié quand on se croit à l'abri. Pour Hobbes, ce qui guide d'abord les hommes est le souci de soi, et sans pouvoir commun ils sont en guerre les uns contre les autres (voir son argument sur l'état de nature).