Il existe un temps absolu qui coule de lui-même, et nos horloges ne le mesurent qu'à peu près
Le temps absolu de Newton
Il existe un temps absolu, vrai et mathématique, qui par lui-même et par sa nature coule uniformément sans relation à rien d'extérieur, et qu'on appelle aussi durée.
Aucun mouvement ne mesure le temps exactement, pourtant la durée reste la même : il faut un temps vrai derrière les horloges.
« Il existe un temps absolu qui coule de lui-même, et nos horloges ne le mesurent qu'à peu près » est un argument d'Isaac Newton (Principes mathématiques de la philosophie naturelle (Principia), 1687, scholie des définitions, 1687) sur la question « Le temps existe-t-il vraiment ? » (réponse : le temps passe vraiment). Sa thèse : Il existe un temps absolu, vrai et mathématique, qui par lui-même et par sa nature coule uniformément sans relation à rien d'extérieur, et qu'on appelle aussi durée. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Une horloge peut avancer ou retarder. Comment le sait-on ? Parce qu'on la compare à une autre horloge, ou au mouvement des astres. Mais ces mouvements-là peuvent aussi varier un peu. Newton en tire une conclusion hardie : pour que les corrections des astronomes aient un sens, il faut qu'il existe un temps vrai, qui ne dépend d'aucun mouvement, et que tous les mouvements mesurent plus ou moins bien. Toute la mécanique des Principia repose sur cette idée.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, on pourrait accepter tout le reste et dire : quand on corrige une horloge, on la compare simplement à une meilleure horloge, et ainsi de suite, sans jamais atteindre de temps pur. Les corrections seraient alors de simples conventions de plus en plus précises. C'est exactement ce que diront Leibniz et Mach.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Gottfried Wilhelm Leibniz 1716 · attaque la conclusionLeibniz soutient que le temps est seulement l'ordre des successions, comme l'espace est l'ordre des coexistences. Si le temps était quelque chose en plus des choses, rien ne pourrait expliquer pourquoi Dieu a placé les choses à tel instant plutôt qu'un an plus tôt. Mais cela montre que les instants, pris sans les choses, ne sont rien.
un défenseur répond
Leibniz soutient que le temps est seulement l'ordre des successions, comme l'espace est l'ordre des coexistences. Si le temps était quelque chose en plus des choses, rien ne pourrait expliquer pourquoi Dieu a placé les choses à tel instant plutôt qu'un an plus tôt. Mais cela montre que les instants, pris sans les choses, ne sont rien.
Albert Einstein 1905 · attaque la conclusionEinstein montre que deux événements simultanés pour un observateur ne le sont pas forcément pour un autre qui se déplace par rapport au premier. La simultanéité dépend de l'observateur : il n'existe donc pas de temps unique et universel qui coulerait de la même manière partout, comme le voulait Newton.
un défenseur répond
Einstein montre que deux événements simultanés pour un observateur ne le sont pas forcément pour un autre qui se déplace par rapport au premier. La simultanéité dépend de l'observateur : il n'existe donc pas de temps unique et universel qui coulerait de la même manière partout, comme le voulait Newton.
EErnst Mach 1883 · attaque la prémisse 5Mach juge que parler d'un temps absolu, indépendant du changement, n'a pas de sens : ce temps ne se mesure par comparaison avec aucun mouvement, il n'a donc aucune valeur pratique ni scientifique, et personne n'a le droit de dire qu'il en sait quelque chose. Le temps est une abstraction que nous tirons des changements des choses.
sans réponse
Mach juge que parler d'un temps absolu, indépendant du changement, n'a pas de sens : ce temps ne se mesure par comparaison avec aucun mouvement, il n'a donc aucune valeur pratique ni scientifique, et personne n'a le droit de dire qu'il en sait quelque chose. Le temps est une abstraction que nous tirons des changements des choses.