Wilt Chamberlain : la liberté défait tous les modèles de répartition
L'exemple de Wilt Chamberlain
D2 est juste, et aucun modèle de répartition ne peut être maintenu sans interférer en permanence avec la vie des gens (donc avec des actes libres).
Si une répartition est juste, des gens libres qui en disposent à leur gré donnent une nouvelle répartition tout aussi juste.
« Wilt Chamberlain : la liberté défait tous les modèles de répartition » est un argument de Robert Nozick (Anarchy, State, and Utopia, 1974, ch. 7, 1974) sur la question « Qu'est-ce qu'une société juste ? » (réponse : les libertés). Sa thèse : D2 est juste, et aucun modèle de répartition ne peut être maintenu sans interférer en permanence avec la vie des gens (donc avec des actes libres). Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P7). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Beaucoup pensent qu'une société juste est une société où les richesses sont réparties selon un modèle : à égalité, selon le mérite, selon les besoins. Robert Nozick, professeur à Harvard et opposant de John Rawls, tend un piège à ces théories. Choisissez la répartition que vous jugez la plus juste, dit-il. Puis imaginez qu'une star du basket, Wilt Chamberlain, passe un contrat : 25 cents sur chaque billet d'entrée vont à lui. Un million de spectateurs paient volontairement, parce qu'ils veulent le voir jouer. À la fin de la saison, Chamberlain est beaucoup plus riche que les autres, et la répartition n'est plus celle que vous aviez choisie. Est-elle devenue injuste ? Si oui, pourquoi, puisque personne n'a été forcé ? Nozick en conclut que le résultat compte moins que la manière dont on y arrive, et que maintenir un modèle obligerait à interdire sans cesse des échanges libres.
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Sans la prémisse implicite : Sans P7, l'ordinateur trouve un monde où les échanges sont libres et où personne ne perd sa part, mais où la fortune de Chamberlain restreint tellement les options des autres qu'ils ont une plainte de justice : D2 ne serait alors pas juste.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
John Rawls 1971 · attaque la prémisse 4Les principes de justice s'appliquent d'abord à la structure de base de la société (propriété, contrats, impôts, héritage), pas à chaque échange pris à part. Même si chaque échange est libre, la somme de millions d'échanges finit par déformer la répartition de départ : sans institutions qui corrigent en permanence, la justice de l'arrière-plan se perd. Les « étapes justes » ne suffisent donc pas : il faut aussi que le cadre reste juste.
Nozick répond
Les principes de justice s'appliquent d'abord à la structure de base de la société (propriété, contrats, impôts, héritage), pas à chaque échange pris à part. Même si chaque échange est libre, la somme de millions d'échanges finit par déformer la répartition de départ : sans institutions qui corrigent en permanence, la justice de l'arrière-plan se perd. Les « étapes justes » ne suffisent donc pas : il faut aussi que le cadre reste juste.
GGerald A. Cohen 1977 · attaque la prémisse 6Interdire des actes capitalistes entre adultes consentants limite la liberté, mais pas plus que le régime de propriété de Nozick lui-même : toute propriété privée interdit à tous les autres d'utiliser ce qui est à quelqu'un. Maintenir un modèle ne sacrifie donc pas la liberté à autre chose : cela répartit autrement les libertés. Ceux qui n'ont presque rien sont, eux, privés de beaucoup d'actions possibles.
sans réponse
Interdire des actes capitalistes entre adultes consentants limite la liberté, mais pas plus que le régime de propriété de Nozick lui-même : toute propriété privée interdit à tous les autres d'utiliser ce qui est à quelqu'un. Maintenir un modèle ne sacrifie donc pas la liberté à autre chose : cela répartit autrement les libertés. Ceux qui n'ont presque rien sont, eux, privés de beaucoup d'actions possibles.
Thomas Nagel 1975 · attaque la prémisse 2Nozick traite les droits de propriété et de libre disposition comme des contraintes absolues, mais ne leur donne aucun fondement. Or l'idée que les gens sont maîtres de leur personne ne suffit pas à prouver qu'ils ont un droit absolu sur les ressources du monde, ni que ce droit passe avant les besoins des autres. L'exemple suppose donc ce qu'il devait établir.
sans réponse
Nozick traite les droits de propriété et de libre disposition comme des contraintes absolues, mais ne leur donne aucun fondement. Or l'idée que les gens sont maîtres de leur personne ne suffit pas à prouver qu'ils ont un droit absolu sur les ressources du monde, ni que ce droit passe avant les besoins des autres. L'exemple suppose donc ce qu'il devait établir.