QuestionsFaut-il croire sans preuve ?Le cœur connaît les premiers principes
Faut-il croire sans preuve ?La foi va au-delà

Le cœur connaît les premiers principes

Pascal 1623 · 1662Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point.
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Ce qu'il soutient

La raison n'est pas notre seule source de connaissance : le cœur en est une autre.

Pourquoi

Nous connaissons l'espace, le temps, les nombres aussi fermement que des preuves, sans les démontrer : par une autre voie, le cœur.

En bref

« Le cœur connaît les premiers principes » est un argument de Pascal (Pensées, B282) sur la question « Faut-il croire sans preuve ? » (réponse : la foi va au-delà). Sa thèse : La raison n'est pas notre seule source de connaissance : le cœur en est une autre. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3). AskPhilosophy présente 1 objection, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.

Pensées, B282
Valide avec une prémisse implicite

Contre ceux qui ne veulent croire que ce que la raison démontre, Pascal montre que la raison elle-même repose sur des principes qu'elle ne démontre pas.

P1Les premiers principes (il y a de l'espace, du temps, du mouvement, des nombres) ne sont pas obtenus par raisonnement.
P2Pourtant, nous connaissons ces principes, et aussi fermement que ce que nous démontrons.
P3 · prémisse impliciteCe que nous connaissons sans le démontrer, nous le connaissons par une autre voie que le raisonnement : Pascal l'appelle le cœur.
Donc la raison n'est pas notre seule source de connaissance : le cœur en est une autre.

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Si tu acceptes toutes les prémisses, la logique t'oblige à accepter la conclusion. Le débat porte donc sur les prémisses.
Vérifié par un solveur logique : impossible que toutes les prémisses soient vraies et la conclusion fausse.
Sans la prémisse implicite : Sans P3, l'ordinateur trouve un cas où l'on connaît des principes non démontrés sans qu'aucune autre faculté soit en jeu : la conclusion ne suit pas.
P1 et P2 montrent qu'il existe des connaissances non démontrées ; il faut P3 pour conclure qu'elles viennent d'une autre faculté. Les critiques discutent surtout le mot « connaître » : un sentiment ferme est-il une connaissance ?
Analogie. Un mathématicien démontre tout à partir d'axiomes, mais ne démontre pas les axiomes. S'il les tient pourtant pour vrais, c'est qu'il les connaît autrement : c'est ce « autrement » que Pascal appelle le cœur.

Objections

1

Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.

Les sceptiques (pyrrhoniens), tels que Pascal les présente attaque la prémisse 2

Nous ne savons pas d'où nous venons : peut-être sommes-nous faits pour nous tromper. Sentir fortement un principe ne prouve pas qu'il soit vrai.

Pascal répond
Pascal
Personne ne peut vraiment douter de tout : la nature confond les sceptiques, comme la raison confond ceux qui prétendent tout prouver.