« Dieu merci, c'est fini ! » : notre soulagement prouve que le présent avance
L'argument du soulagement (Prior)
Il existe des faits temporels que de simples dates ne suffisent pas à dire : il est vrai maintenant que l'examen est passé, et ce n'était pas vrai avant. Le présent avance.
On est soulagé que l'examen soit passé maintenant, pas qu'il ait lieu à telle date : une simple date vraie en tout temps ne dit pas cela.
« « Dieu merci, c'est fini ! » : notre soulagement prouve que le présent avance » est un argument d'Arthur Prior (« Thank Goodness That's Over », Philosophy, 1959, 1959) sur la question « Le temps existe-t-il vraiment ? » (réponse : le temps passe vraiment). Sa thèse : Il existe des faits temporels que de simples dates ne suffisent pas à dire : il est vrai maintenant que l'examen est passé, et ce n'était pas vrai avant. Le présent avance. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Vous venez de passer un examen très pénible. En sortant, vous dites : « Dieu merci, c'est fini ! ». De quoi êtes-vous soulagé ? Pas seulement du fait que l'examen a eu lieu à telle date : cela, vous le saviez déjà la veille, et cela ne vous soulageait pas. Vous êtes soulagé que l'examen soit maintenant passé. Pour Prior, ce petit fait du quotidien montre qu'il existe des faits temporels réels : « c'est fini » est vrai maintenant et ne l'était pas avant. Le présent avance, et ce n'est pas une illusion.
clique sur une prémisse pour la rejeter
Sans la prémisse implicite : Sans P4, on pourrait tout accepter et dire pourtant : le soulagement n'a pas besoin d'être justifié par un fait. C'est une réaction du corps et de l'esprit, comme la peur, qui ne dit rien sur le monde. C'est une des voies de réponse de Mellor et de MacBeath.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
DDavid Hugh Mellor 1981 · attaque la prémisse 2Mellor soutient qu'une phrase au présent comme « c'est fini » est vraie quand l'examen est antérieur à cette phrase elle-même, prise comme un événement daté. Ce rapport de dates n'existe pas la veille, puisque la phrase n'a pas encore été dite. Notre soulagement s'explique alors sans fait temporel : on ne peut croire « c'est fini » et être soulagé qu'après l'examen.
un défenseur répond
Mellor soutient qu'une phrase au présent comme « c'est fini » est vraie quand l'examen est antérieur à cette phrase elle-même, prise comme un événement daté. Ce rapport de dates n'existe pas la veille, puisque la phrase n'a pas encore été dite. Notre soulagement s'explique alors sans fait temporel : on ne peut croire « c'est fini » et être soulagé qu'après l'examen.
MMurray MacBeath 1983 · attaque la prémisse 4MacBeath reprend la réponse de Mellor et la renforce : nos émotions envers le passé et l'avenir n'obligent pas à supposer des faits temporels. Un soulagement peut être expliqué par une croyance dont le contenu est une relation entre des dates, sans que le monde contienne un présent qui avance.
sans réponse
MacBeath reprend la réponse de Mellor et la renforce : nos émotions envers le passé et l'avenir n'obligent pas à supposer des faits temporels. Un soulagement peut être expliqué par une croyance dont le contenu est une relation entre des dates, sans que le monde contienne un présent qui avance.
Albert Einstein 1905 · attaque la conclusionEn relativité, deux événements simultanés pour un observateur ne le sont pas pour un autre qui se déplace. Il n'existe donc pas de « maintenant » commun à tout l'univers, et semble-t-il pas de présent unique qui avance pour tous. Beaucoup de philosophes en concluent que passé, présent et futur existent tous également : c'est l'univers-bloc.
sans réponse
En relativité, deux événements simultanés pour un observateur ne le sont pas pour un autre qui se déplace. Il n'existe donc pas de « maintenant » commun à tout l'univers, et semble-t-il pas de présent unique qui avance pour tous. Beaucoup de philosophes en concluent que passé, présent et futur existent tous également : c'est l'univers-bloc.