L'égalité de quoi ? Égaliser ce que chacun peut faire et être
L'approche par les capabilités
Il faut compléter, par l'égalité des capabilités de base, la façon dont on pense l'égalité : ce que chacun est réellement en mesure de faire et d'être, et non seulement ses biens ou son bonheur.
Ni les biens ni le bonheur ne mesurent ce que chacun peut vraiment faire et être : c'est cela qu'une théorie de l'égalité doit viser.
« L'égalité de quoi ? Égaliser ce que chacun peut faire et être » est un argument d'Amartya Sen (« Equality of What? », conférence Tanner, 1979) sur la question « Qu'est-ce qu'une société juste ? » (réponse : l'égalité). Sa thèse : Il faut compléter, par l'égalité des capabilités de base, la façon dont on pense l'égalité : ce que chacun est réellement en mesure de faire et d'être, et non seulement ses biens ou son bonheur. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Presque tout le monde veut l'égalité, mais égalité de quoi ? Du bonheur ? Des revenus et des biens ? En 1979, Amartya Sen pose la question dans une conférence à Stanford (publiée en 1980). Sa réponse : aucune des deux ne marche. Des personnes différentes (une personne handicapée, une personne malade, une personne âgée) ne tirent pas la même vie du même revenu. Et le bonheur ne convient pas non plus : une personne qui s'est résignée à son sort peut se dire contente, alors qu'elle ne peut pas se déplacer. Sen propose de regarder ce que chacun peut réellement faire et être : se déplacer, se nourrir, se vêtir, participer à la vie de la communauté. Il appelle cela les « capabilités de base ». Sen précise que ce n'est pas un guide complet de la morale et que l'idée soulève des difficultés (comment compter et comparer ces capabilités ?).
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un monde où les biens et l'utilité échouent à rendre compte de ces besoins, où ces besoins relèvent de ce qu'on peut faire, et où pourtant on n'a pas à égaliser les capabilités (par exemple parce qu'on juge que ces besoins n'ont pas à être traités par l'égalité). Rien ne dit qu'une théorie de l'égalité doive couvrir ces besoins.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
John Rawls 1982 · attaque la prémisse 2Rawls répond que les biens premiers ne mesurent pas le bien-être : ils indiquent ce dont des citoyens libres et égaux ont besoin, quelle que soit leur conception d'une vie réussie. Pour lui, c'est une base de comparaison que tous peuvent accepter. Notre résumé de l'article (source non lue).
Sen répond
Rawls répond que les biens premiers ne mesurent pas le bien-être : ils indiquent ce dont des citoyens libres et égaux ont besoin, quelle que soit leur conception d'une vie réussie. Pour lui, c'est une base de comparaison que tous peuvent accepter. Notre résumé de l'article (source non lue).
AAmartya Sen (difficulté qu'il reconnaît lui-même) 1979 · attaque la conclusionSen note lui-même que le problème de la mesure des capabilités est sérieux : il faut les ranger par importance relative, et cet ordre dépend de la culture.
un défenseur répond
Sen note lui-même que le problème de la mesure des capabilités est sérieux : il faut les ranger par importance relative, et cet ordre dépend de la culture.
TThomas Pogge 2002 · attaque la conclusionPogge examine si l'approche par les capabilités peut être justifiée comme critère de justice sociale. Notre résumé de sa thèse (source non lue) : il juge que ses défenseurs ne l'ont pas montré, et préfère une approche fondée sur les ressources dont les institutions disposent.
sans réponse
Pogge examine si l'approche par les capabilités peut être justifiée comme critère de justice sociale. Notre résumé de sa thèse (source non lue) : il juge que ses défenseurs ne l'ont pas montré, et préfère une approche fondée sur les ressources dont les institutions disposent.