Les sensations sont des processus du cerveau, comme l'éclair est une décharge électrique
La théorie de l'identité esprit-cerveau
Les sensations ne sont rien « en plus » des processus du cerveau : ce que l'on rapporte quand on dit « j'ai mal » est en fait un processus du cerveau, comme l'éclair est une décharge électrique.
Dire qu'on a une image rémanente orange, c'est dire qu'un processus du cerveau a lieu ; l'expliquer ainsi évite d'ajouter autre chose.
« Les sensations sont des processus du cerveau, comme l'éclair est une décharge électrique » est un argument de J. J. C. Smart (Place, « Is Consciousness a Brain Process? », 1956 ; Smart, « Sensations and Brain Processes », 1959, 1959) sur la question « L'esprit est-il le cerveau ? » (réponse : l'esprit vient de la matière). Sa thèse : Les sensations ne sont rien « en plus » des processus du cerveau : ce que l'on rapporte quand on dit « j'ai mal » est en fait un processus du cerveau, comme l'éclair est une décharge électrique. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 4 prémisses. AskPhilosophy présente 3 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Quand vous avez mal, il se passe quelque chose dans votre cerveau. Mais la douleur est-elle autre chose, qui accompagne ce processus, ou est-elle ce processus ? En 1956, Ullin Place répond : la douleur est un processus du cerveau, de la même façon que l'éclair est une décharge électrique. Ce n'est pas vrai par définition, c'est une découverte possible de la science. En 1959, J. J. C. Smart défend l'idée en détail. Cette théorie, dite « de l'identité », est devenue la première forme moderne du matérialisme sur l'esprit.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, on pourrait accepter P1 à P4 et rester dualiste : on dirait que l'identification est possible mais que la simplicité ne suffit pas à trancher, et qu'une expérience vécue (le rouge, la douleur) a un aspect que la physique ne décrit pas. C'est ce que contestent les objections de Kripke et des partisans des qualia.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
J. J. C. Smart (objection qu'il traite lui-même, d'après Max Black) 1959 · attaque la prémisse 2Même si une sensation n'est pas une chose « en plus » du processus cérébral, ses qualités le sont peut-être : une image rémanente est jaune-orangé, et aucun processus du cerveau n'est jaune-orangé. Comme pour l'étoile du matin et l'étoile du soir, il faut bien deux ensembles de propriétés pour reconnaître la même chose de deux façons ; les propriétés « mentales » resteraient donc irréductibles.
Smart répond
Même si une sensation n'est pas une chose « en plus » du processus cérébral, ses qualités le sont peut-être : une image rémanente est jaune-orangé, et aucun processus du cerveau n'est jaune-orangé. Comme pour l'étoile du matin et l'étoile du soir, il faut bien deux ensembles de propriétés pour reconnaître la même chose de deux façons ; les propriétés « mentales » resteraient donc irréductibles.
J. J. C. Smart (objection qu'il traite lui-même) 1959 · attaque la conclusionQue nous ayons telle sensation quand tel processus a lieu dans le cerveau n'est qu'un fait contingent : nos théories sur le cerveau pourraient un jour se révéler fausses, comme l'ancienne théorie qui plaçait les pensées dans le coeur. Donc, quand on rapporte une sensation, on ne rapporte pas un processus cérébral.
Smart répond
Que nous ayons telle sensation quand tel processus a lieu dans le cerveau n'est qu'un fait contingent : nos théories sur le cerveau pourraient un jour se révéler fausses, comme l'ancienne théorie qui plaçait les pensées dans le coeur. Donc, quand on rapporte une sensation, on ne rapporte pas un processus cérébral.
Hilary Putnam 1967 · attaque la conclusionSi la douleur était identique à un état du cerveau d'un certain type, il faudrait trouver un état physico-chimique unique qui soit un état possible du cerveau d'un mammifère, d'un reptile et d'un mollusque (les pieuvres sont des mollusques et sentent certainement la douleur). Putnam juge « extrêmement probable » que des cerveaux aussi différents soient dans des états physiques différents pour un même état psychologique (par exemple avoir faim) : la douleur ne serait donc pas identique à un type d'état du cerveau. Voir l'argument de la réalisabilité multiple.
Smart répond
Si la douleur était identique à un état du cerveau d'un certain type, il faudrait trouver un état physico-chimique unique qui soit un état possible du cerveau d'un mammifère, d'un reptile et d'un mollusque (les pieuvres sont des mollusques et sentent certainement la douleur). Putnam juge « extrêmement probable » que des cerveaux aussi différents soient dans des états physiques différents pour un même état psychologique (par exemple avoir faim) : la douleur ne serait donc pas identique à un type d'état du cerveau. Voir l'argument de la réalisabilité multiple.