Vivre sans mensonge : refuser d'y participer
Vivre sans mensonge ; la non-participation personnelle
Quand on ne peut pas renverser la violence, on doit au moins refuser personnellement d'y participer : ne rien écrire, dire ou signer que l'on croit faux. Le choix de conscience passe avant l'obéissance au régime.
Si l'on ne peut pas renverser la violence, on peut refuser de dire, écrire ou signer ce qu'on sait faux : le mensonge ne tient que par nous.
« Vivre sans mensonge : refuser d'y participer » est un argument d'Alexandre Soljenitsyne (« Vivre sans mensonge » (12 février 1974), 1974) sur la question « Faut-il toujours obéir à la loi ? » (réponse : la conscience d'abord). Sa thèse : Quand on ne peut pas renverser la violence, on doit au moins refuser personnellement d'y participer : ne rien écrire, dire ou signer que l'on croit faux. Le choix de conscience passe avant l'obéissance au régime. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Dans un régime où l'on ne peut ni voter, ni manifester, ni être entendu, que peut faire un simple citoyen ? Soljenitsyne répond : refuser de mentir. Selon lui, la violence a besoin du mensonge pour paraître légitime, et le mensonge ne vit que si chacun l'accepte chaque jour (signer, voter, répéter les slogans). Il propose donc une résistance à la portée de tous : ne rien écrire, dire ou signer que l'on croit faux. Ce n'est pas un programme politique, c'est un devoir de conscience que chacun peut accomplir seul.
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Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Max Weber (éthique de la responsabilité) 1919 · attaque la prémisse 4Weber distingue l'éthique de la conviction (agir selon ses principes, quoi qu'il arrive) et l'éthique de la responsabilité (répondre des conséquences). Un refus purement personnel, dit l'objection, protège la pureté de celui qui refuse sans changer rien au système : c'est un confort moral.
un défenseur répond
Weber distingue l'éthique de la conviction (agir selon ses principes, quoi qu'il arrive) et l'éthique de la responsabilité (répondre des conséquences). Un refus purement personnel, dit l'objection, protège la pureté de celui qui refuse sans changer rien au système : c'est un confort moral.
EErica Chenoweth et Maria Stephan 2011 · attaque la prémisse 2Leur étude Why Civil Resistance Works compare plus de 300 campagnes de résistance (1900-2006) et conclut que la résistance non violente réussit plus souvent que la lutte armée, surtout parce qu'elle attire une participation beaucoup plus large. Ce qui fait tomber un régime, selon elles, c'est le nombre et la diversité des participants. Appliqué ici (notre reconstruction, elles ne visent pas Soljenitsyne) : un refus personnel, s'il reste isolé, ne suffit pas.
sans réponse
Leur étude Why Civil Resistance Works compare plus de 300 campagnes de résistance (1900-2006) et conclut que la résistance non violente réussit plus souvent que la lutte armée, surtout parce qu'elle attire une participation beaucoup plus large. Ce qui fait tomber un régime, selon elles, c'est le nombre et la diversité des participants. Appliqué ici (notre reconstruction, elles ne visent pas Soljenitsyne) : un refus personnel, s'il reste isolé, ne suffit pas.
VVáclav Havel 1978 · attaque la prémisse 3Dans « Le pouvoir des sans-pouvoir », Havel prolonge l'idée : le système tient parce que chacun, comme le marchand de légumes qui affiche un slogan auquel il ne croit pas, accepte de jouer son rôle. Mais pour Havel, cesser de mentir mène à « vivre dans la vérité » : dire ce qu'on pense, s'organiser, créer des structures parallèles. Se taire sans mentir, le minimum de Soljenitsyne, ne suffit pas.
un défenseur répond
Dans « Le pouvoir des sans-pouvoir », Havel prolonge l'idée : le système tient parce que chacun, comme le marchand de légumes qui affiche un slogan auquel il ne croit pas, accepte de jouer son rôle. Mais pour Havel, cesser de mentir mène à « vivre dans la vérité » : dire ce qu'on pense, s'organiser, créer des structures parallèles. Se taire sans mentir, le minimum de Soljenitsyne, ne suffit pas.