QuestionsPeut-on être certain de quelque chose ?Le principe de toutes choses est l'eau
Peut-on être certain de quelque chose ?Par l'expérience, avec prudence

Le principe de toutes choses est l'eau

Thalès v. 625 av. J.-C. · v. 545 av. J.-C.Le principe de toute chose est l'eau.
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Ce qu'il soutient

L'eau est le principe de toutes choses.

Pourquoi

La nourriture, la chaleur et les graines de tous les êtres sont humides : l'eau semble donc être l'origine de tout.

En bref

« Le principe de toutes choses est l'eau » est un argument de Thalès (Aristote, Métaphysique A 3 (983b), à propos de Thalès) sur la question « Peut-on être certain de quelque chose ? » (réponse : par l'expérience, avec prudence). Sa thèse : L'eau est le principe de toutes choses. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 2 objections, dont 0 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.

Aristote, Métaphysique A 3 (983b), à propos de Thalès
Valide avec une prémisse implicite

Thalès n'a rien laissé d'écrit. Cet argument est celui qu'Aristote lui prête, environ deux siècles après sa mort. Aristote écrit que Thalès « regarde l'eau comme premier principe », puis que Thalès en est venu à cette idée « probablement » (en grec : « peut-être ») à partir de quelques observations. Les raisons ci-dessous sont donc celles qu'Aristote suppose, pas des raisons que Thalès aurait données. Nous les présentons sous leur forme la plus forte. Un « principe » (arkhè) est ici ce d'où viennent les choses. Classement : aucune de nos questions ne demande « de quoi le monde est-il fait ? ». Nous rangeons l'argument dans « Par l'expérience », parce que le raisonnement part d'observations (nourriture, chaleur, graines). Ce n'est pas une prise de position de Thalès sur la certitude.

P1La nourriture de tous les êtres est humide, et la chaleur elle-même naît de l'humide et vit par lui. (Raison supposée par Aristote, avec « peut-être ».)
P2Les graines de toutes choses sont humides de nature. (Autre raison supposée par Aristote.)
P3Ce d'où une chose vient est son principe.
P4L'eau est le principe de la nature de l'humide.
P5 · prémisse impliciteCe qui est vrai de la nourriture, de la chaleur et des graines est vrai de toutes choses : les êtres qui se nourrissent, chauffent et germent représentent le monde entier.
Donc l'eau est le principe de toutes choses.

clique sur une prémisse pour la rejeter

Si tu acceptes toutes les prémisses, la logique t'oblige à accepter la conclusion. Le débat porte donc sur les prémisses.
Vérifié par un solveur logique : impossible que toutes les prémisses soient vraies et la conclusion fausse.
Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un cas où nourriture, chaleur et graines sont humides, où l'eau est l'origine de l'humide, et où pourtant l'eau n'est pas le principe de toutes choses (les pierres et les astres viendraient d'autre chose).
Avec P5, la conclusion suit. Sans elle, rien ne relie les observations (nourriture, chaleur, graines) à « toutes choses » : une pierre ou un astre ne se nourrissent pas et ne germent pas. P5 n'est écrite nulle part : c'est notre prémisse implicite, ajoutée par charité, et c'est le point faible de l'argument. On peut donc l'attaquer sans nier les observations.
Analogie. Dans ma cuisine, les légumes, la vaisselle et mon verre ont tous été en contact avec de l'eau. Cela ne prouve pas que le four, le carrelage et la lumière viennent de l'eau. Il faut une raison de croire que ces exemples représentent tout le reste.

Objections

2

Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.

Aristote (qui rapporte l'idée) 340 av. J.-C. · attaque la conclusion

Même si tout vient d'une seule matière, cela n'explique pas le changement. Le bois ne fait pas le lit, le bronze ne fait pas la statue : il faut autre chose qui provoque le changement. Une matière unique, comme l'eau, laisse sans réponse la question « qui ou quoi met les choses en mouvement ? ».

sans réponse
Pas de réponse possible : objection formulée en -340, après sa mort (-545).
Le débat continue (notre résumé) Thalès ne peut pas répondre : il est mort environ deux siècles avant ce passage et n'a rien écrit. Un défenseur peut remarquer qu'Aristote lui-même écrit ailleurs (De l'âme I 2) que Thalès aurait vu une âme dans l'aimant, parce qu'il meut le fer, et que « tout est plein de dieux » : l'eau ne serait alors pas seule à agir. Mais ce sont d'autres rapports d'Aristote, avec « il semble » et « peut-être » : nous ne savons pas si Thalès faisait ce lien.
Anaximène et Diogène d'Apollonie (d'après Aristote) 340 av. J.-C. · attaque la conclusion

D'autres penseurs après Thalès ont donné un autre principe. Aristote écrit qu'Anaximène et Diogène placent l'air avant l'eau, comme principe de tous les corps simples. Pourquoi l'eau plutôt que l'air, ou le feu (Héraclite, Hippase) ? Le passage d'Aristote ne donne pas leurs raisons : nous n'avons ici que la thèse rivale, pas son argument.

sans réponse
Nous n'avons pas encore relevé de réponse directe de Thalès dans ses textes.
Le débat continue (notre résumé) Thalès n'a rien écrit, et nous n'avons aucune réponse de lui. Un partisan de l'eau pourrait invoquer les observations de P1 et P2 (nourriture, chaleur, graines), que les partisans de l'air devraient aussi expliquer. Cela reste notre reconstruction : les raisons d'Anaximène ne sont pas encore dans notre corpus.