Le bonheur parfait, c'est voir Dieu
La béatitude ; la vision béatifique
La béatitude ultime et parfaite ne peut être que dans la vision de l'essence divine.
Aucun bien créé ne comble entièrement le désir, et l'intelligence ne se repose que lorsqu'elle connaît l'essence de Dieu.
« Le bonheur parfait, c'est voir Dieu » est un argument de Thomas d'Aquin (Somme théologique, I-II, q. 2 et 3, 1271) sur la question « Qu'est-ce que le bonheur ? » (réponse : en dieu). Sa thèse : La béatitude ultime et parfaite ne peut être que dans la vision de l'essence divine. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Pour Thomas d'Aquin, tout le monde cherche le bonheur, mais beaucoup le cherchent au mauvais endroit. Il examine les candidats un par un : les richesses ne sont que des moyens, les honneurs viennent des autres, la gloire dépend de l'opinion, le pouvoir peut servir au mal, le corps et le plaisir sont des biens trop bas. Le bonheur est le bien parfait : celui qui comble tout le désir. Or notre volonté désire le bien universel, et il n'est dans aucune créature, seulement en Dieu. Et notre intelligence ne se repose pas tant qu'elle ne sait pas ce qu'est la cause première. D'où la conclusion : le bonheur parfait, c'est voir Dieu. Ici-bas, on n'a qu'un bonheur imparfait.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un monde où le bonheur parfait n'existe tout simplement pas : aucun bien créé ne comble le désir, Dieu n'est pas vu, et l'homme reste inachevé. Les autres prémisses sont vraies dans ce monde, mais la conclusion ne l'est pas.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Aristote 330 av. J.-C. · attaque la conclusionPour Aristote, le bonheur parfait est à la portée de l'homme : c'est l'activité de ce qu'il y a en nous de plus élevé, l'esprit, selon sa vertu propre, la contemplation. C'est l'activité la plus continue et celle qui se suffit le plus à elle-même. Il n'ajoute à cette contemplation aucune vie future ni aucune vision de Dieu : la contemplation du sage suffit.
Thomas d'Aquin répond
Pour Aristote, le bonheur parfait est à la portée de l'homme : c'est l'activité de ce qu'il y a en nous de plus élevé, l'esprit, selon sa vertu propre, la contemplation. C'est l'activité la plus continue et celle qui se suffit le plus à elle-même. Il n'ajoute à cette contemplation aucune vie future ni aucune vision de Dieu : la contemplation du sage suffit.
Épicure 300 av. J.-C. · attaque la prémisse 2Pour Épicure, le bonheur est le plaisir, entendu comme l'absence de douleur dans le corps et de trouble dans l'âme. Il ne s'agit pas de plaisirs de débauché : la santé du corps et la paix de l'esprit suffisent. On les trouve ici-bas, sans chercher un bien infini.
Thomas d'Aquin répond
Pour Épicure, le bonheur est le plaisir, entendu comme l'absence de douleur dans le corps et de trouble dans l'âme. Il ne s'agit pas de plaisirs de débauché : la santé du corps et la paix de l'esprit suffisent. On les trouve ici-bas, sans chercher un bien infini.
Feuerbach 1841 · attaque la prémisse 5Pour Feuerbach, la vision de Dieu promise est un souhait de l'homme qui s'est donné une réalité. Dieu n'est que l'être humain débarrassé de ses limites, et l'au-delà n'est que cette vie débarrassée de ce qui y paraît mal. Le contenu de la vie future est le bonheur éternel de la personne que la nature limite ici : croire à cette vie, c'est « la foi de l'homme en lui-même ». Le désir naturel de voir Dieu (P5) serait donc seulement le désir d'être heureux sans limites, renvoyé hors de nous (voir aussi l'argument « La religion, projection de l'homme »).
sans réponse
Pour Feuerbach, la vision de Dieu promise est un souhait de l'homme qui s'est donné une réalité. Dieu n'est que l'être humain débarrassé de ses limites, et l'au-delà n'est que cette vie débarrassée de ce qui y paraît mal. Le contenu de la vie future est le bonheur éternel de la personne que la nature limite ici : croire à cette vie, c'est « la foi de l'homme en lui-même ». Le désir naturel de voir Dieu (P5) serait donc seulement le désir d'être heureux sans limites, renvoyé hors de nous (voir aussi l'argument « La religion, projection de l'homme »).