Caïus est mortel, mais moi ? La mort d'Ivan Ilitch
Le syllogisme de Caïus ; la mort d'Ivan Ilitch
Regarder sa propre mort en face, au lieu de la tenir pour l'affaire de Caïus, est ce qui fait voir comment on a vécu et ce qui délivre de la peur : l'angoisse éclaire.
On sait que tous les hommes meurent sans y croire pour soi ; devant sa propre mort, on voit enfin comment on a vécu, et la peur cède.
« Caïus est mortel, mais moi ? La mort d'Ivan Ilitch » est un argument de Léon Tolstoï (La Mort d'Ivan Ilitch (1886), chap. VI, XI et XII) sur la question « Faut-il avoir peur de la mort ? » (réponse : une angoisse qui éclaire). Sa thèse : Regarder sa propre mort en face, au lieu de la tenir pour l'affaire de Caïus, est ce qui fait voir comment on a vécu et ce qui délivre de la peur : l'angoisse éclaire. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 0 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Ivan Ilitch est un juge respecté, qui a tout fait « comme il faut ». Quand une maladie le condamne, il repense au syllogisme appris à l'école : « Caïus est un homme, les hommes sont mortels, donc Caïus est mortel ». Pour Caïus, c'était juste. Pour lui, Vania, non. Cette distance entre savoir que l'on meurt et croire que je meurs est le point de départ. Tolstoï la suit jusqu'au bout : c'est en regardant sa mort comme la sienne qu'Ivan Ilitch se demande enfin s'il a bien vécu, et qu'à la fin la peur disparaît. C'est un récit, pas un raisonnement : l'argument ci-dessous est celui que le récit met en scène, et il vaut ce que vaut un cas bien décrit.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un personnage, Ivan Ilitch, pour qui tout se passe ainsi, alors que les autres hommes ne connaissent jamais cette lumière et que regarder la mort ne leur apprend rien.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Épicure 300 av. J.-C. · attaque la conclusionIl n'y a pas à chercher d'éclairage dans l'angoisse : la peur de la mort est un malentendu. Tout bien et tout mal consistent dans la sensation, et la mort est la privation de toute sensation. Quand nous sommes là, la mort n'y est pas ; quand elle est là, nous n'y sommes plus. On ne guérit pas la peur en la traversant, mais en voyant qu'elle n'a pas d'objet. Voir l'argument « La mort n'est rien pour nous » (epicure-mort-rien).
sans réponse
Il n'y a pas à chercher d'éclairage dans l'angoisse : la peur de la mort est un malentendu. Tout bien et tout mal consistent dans la sensation, et la mort est la privation de toute sensation. Quand nous sommes là, la mort n'y est pas ; quand elle est là, nous n'y sommes plus. On ne guérit pas la peur en la traversant, mais en voyant qu'elle n'a pas d'objet. Voir l'argument « La mort n'est rien pour nous » (epicure-mort-rien).
Spinoza 1677 · attaque la prémisse 2L'homme libre vit sous la conduite de la raison, non de la crainte de la mort : il désire directement le bien, agir et vivre. « Un homme libre ne pense à aucune chose moins qu'à la mort » : sa sagesse est une méditation de la vie. Ivan Ilitch doit sa découverte à la maladie ; le sage n'a pas besoin de ce détour. Voir l'argument « Méditer la vie, pas la mort » (spinoza-mort).
sans réponse
L'homme libre vit sous la conduite de la raison, non de la crainte de la mort : il désire directement le bien, agir et vivre. « Un homme libre ne pense à aucune chose moins qu'à la mort » : sa sagesse est une méditation de la vie. Ivan Ilitch doit sa découverte à la maladie ; le sage n'a pas besoin de ce détour. Voir l'argument « Méditer la vie, pas la mort » (spinoza-mort).
Jean-Paul Sartre, L'Être et le Néant 1943 · attaque la prémisse 2La mort n'est pas une possibilité qui serait la mienne et donnerait son sens à ma vie : c'est un fait absurde qui vient du dehors, qui ôte toute signification à ce que j'attendais encore et livre ma vie, terminée, au jugement des autres. La mort ne révèle donc pas le sens vrai d'une vie. (Résumé de la thèse de Sartre, que nous ne citons pas.)
sans réponse
La mort n'est pas une possibilité qui serait la mienne et donnerait son sens à ma vie : c'est un fait absurde qui vient du dehors, qui ôte toute signification à ce que j'attendais encore et livre ma vie, terminée, au jugement des autres. La mort ne révèle donc pas le sens vrai d'une vie. (Résumé de la thèse de Sartre, que nous ne citons pas.)