La mort n'est rien pour nous
L'argument d'Épicure sur la mort
La mort n'est rien pour nous : il est absurde de la craindre.
Bien et mal n'existent que dans la sensation, et la mort est la fin de toute sensation : quand elle est là, nous n'y sommes plus.
« La mort n'est rien pour nous » est un argument d'Épicure (Lettre à Ménécée, 124-125) sur la question « Faut-il avoir peur de la mort ? » (réponse : rien à craindre). Sa thèse : La mort n'est rien pour nous : il est absurde de la craindre. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Épicure veut guérir la peur de mourir. Son idée : pour qu'une chose soit un bien ou un mal pour nous, il faut que nous puissions la sentir. Or la mort est justement la fin de toute sensation. Quand nous sommes là, elle n'y est pas ; quand elle est là, nous n'y sommes plus. Elle ne nous rencontre donc jamais.
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Sans la prémisse implicite : Sans P3, l'ordinateur trouve un cas où la mort ne peut pas être sentie, n'est donc ni bien ni mal au sens d'Épicure, et où l'on a pourtant une raison de la craindre : par exemple parce qu'elle prive de quelque chose, même sans être sentie.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Thomas Nagel 1970 · attaque la prémisse 1Si la mort est un mal, ce n'est pas parce qu'on y souffre, mais parce qu'elle nous fait perdre la vie, avec tout ce qu'on y aurait vécu. Un mal peut donc exister sans être senti : on peut être trahi ou trompé à son insu. Ce qui est regrettable dans la mort, c'est la privation, pas l'état de mort.
un défenseur répond
Si la mort est un mal, ce n'est pas parce qu'on y souffre, mais parce qu'elle nous fait perdre la vie, avec tout ce qu'on y aurait vécu. Un mal peut donc exister sans être senti : on peut être trahi ou trompé à son insu. Ce qui est regrettable dans la mort, c'est la privation, pas l'état de mort.
SStephen Rosenbaum (précision en faveur d'Épicure) 1986 · attaque la conclusionLe mourir n'est pas la mort. Mourir est un processus qui se vit, et qui peut être long et douloureux. La peur de souffrir en mourant est donc raisonnable. L'argument d'Épicure ne dit rien de ce processus : il ne parle que du fait d'être mort.
sans réponse
Le mourir n'est pas la mort. Mourir est un processus qui se vit, et qui peut être long et douloureux. La peur de souffrir en mourant est donc raisonnable. L'argument d'Épicure ne dit rien de ce processus : il ne parle que du fait d'être mort.
Thomas Nagel (les espoirs et les projets) 1970 · attaque la prémisse 1On est touché par le bien et le mal autant à cause de ses espoirs et de ses possibilités, réalisés ou non, que par sa capacité de souffrir et de jouir. La mort coupe donc des projets : elle nous fait du tort même si nous ne sentons rien après.
sans réponse
On est touché par le bien et le mal autant à cause de ses espoirs et de ses possibilités, réalisés ou non, que par sa capacité de souffrir et de jouir. La mort coupe donc des projets : elle nous fait du tort même si nous ne sentons rien après.