L'argument de la symétrie
L'argument de la symétrie de Lucrèce (le miroir)
Le temps après notre mort n'est pas un mal : il n'y a rien à craindre, rien de triste, pas même de mauvais rêve. C'est plus calme que n'importe quel sommeil.
Le temps d'avant notre naissance ne nous a fait aucun mal, et celui d'après la mort lui ressemble en tout.
« L'argument de la symétrie » est un argument de Lucrèce (De la nature des choses, III, 830-842 et 972-977) sur la question « Faut-il avoir peur de la mort ? » (réponse : rien à craindre). Sa thèse : Le temps après notre mort n'est pas un mal : il n'y a rien à craindre, rien de triste, pas même de mauvais rêve. C'est plus calme que n'importe quel sommeil. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 2 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Pendant un temps infini avant notre naissance, nous n'étions pas, et cela ne nous a fait aucun mal. Lucrèce demande de regarder ce passé comme un miroir : le temps qui suivra notre mort lui ressemble en tout. Si le premier ne nous fait pas peur, pourquoi le second ?
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un monde où le temps d'avant la naissance n'est pas un mal, où le temps d'après la mort lui ressemble, et où pourtant ce dernier est un mal : par exemple parce qu'il nous prive d'une vie à venir, ce que le passé ne fait pas.
Objections
2Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Thomas Nagel 1970 · attaque la prémisse 4Les deux temps ne sont pas semblables pour nous. Le temps après notre mort est un temps où nous aurions vécu si nous n'étions pas morts : la mort nous en prive. Le temps avant la naissance, non : si nous étions nés bien plus tôt, nous aurions été quelqu'un d'autre. Notre naissance ne nous prive donc d'aucune vie.
un défenseur répond
Les deux temps ne sont pas semblables pour nous. Le temps après notre mort est un temps où nous aurions vécu si nous n'étions pas morts : la mort nous en prive. Le temps avant la naissance, non : si nous étions nés bien plus tôt, nous aurions été quelqu'un d'autre. Notre naissance ne nous prive donc d'aucune vie.
Derek Parfit (le biais vers l'avenir) 1984 · attaque la prémisse 4Nous ne sommes pas neutres devant le temps : nous nous soucions de ce qui nous attend autrement que de ce qui est passé. Une souffrance passée nous laisse plus indifférents qu'une souffrance à venir. Il est donc normal de traiter autrement le futur et le passé, y compris ce qui nous arrivera après la mort.
Lucrèce répond
Nous ne sommes pas neutres devant le temps : nous nous soucions de ce qui nous attend autrement que de ce qui est passé. Une souffrance passée nous laisse plus indifférents qu'une souffrance à venir. Il est donc normal de traiter autrement le futur et le passé, y compris ce qui nous arrivera après la mort.