La science désenchante le monde, mais elle ne dit pas comment il faut vivre
Le désenchantement du monde ; la neutralité axiologique ; le polythéisme des valeurs
La science est un savoir véritable et précieux, mais elle ne peut pas tout expliquer : elle ne tranche ni la valeur de la connaissance, ni le sens de la vie, ni le choix entre les valeurs.
La science maîtrise les faits, mais elle ne peut pas prouver que le savoir vaut la peine ni dire comment il faut vivre.
« La science désenchante le monde, mais elle ne dit pas comment il faut vivre » est un argument de Max Weber (La science comme vocation, conférence de 1917 (publiée en 1919)) sur la question « La science peut-elle tout expliquer ? » (réponse : vraie, mais pas tout). Sa thèse : La science est un savoir véritable et précieux, mais elle ne peut pas tout expliquer : elle ne tranche ni la valeur de la connaissance, ni le sens de la vie, ni le choix entre les valeurs. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P6). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 0 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
En 1917, à Munich, Max Weber parle devant des étudiants de ce que signifie faire de la science son métier. Il décrit d'abord un fait : la science et la technique ont enlevé au monde ses forces mystérieuses. Puis il pose la question que Tolstoï avait posée : à quoi sert tout cela, si la science ne répond pas à « que devons-nous faire, comment devons-nous vivre ? ». Sa réponse est double : la science est un savoir véritable et précieux, mais il y a des questions, sur la valeur et le sens, qu'elle ne peut pas trancher.
clique sur une prémisse pour la rejeter
Sans la prémisse implicite : Sans P6, l'ordinateur trouve un monde où la science ne répond pas à « comment vivre », et où pourtant cette question n'a pas de sens, de sorte que la science explique tout ce qui peut s'expliquer.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Alex Rosenberg 2011 · attaque la prémisse 6Si la science ne trouve ni sens de la vie ni valeurs objectives dans le monde, ce n'est pas qu'elle échoue : c'est qu'il n'y en a pas. Les questions que Weber croit hors de portée sont des questions sans objet, et la science en donne la réponse : rien de tel n'existe.
sans réponse
Si la science ne trouve ni sens de la vie ni valeurs objectives dans le monde, ce n'est pas qu'elle échoue : c'est qu'il n'y en a pas. Les questions que Weber croit hors de portée sont des questions sans objet, et la science en donne la réponse : rien de tel n'existe.
Hilary Putnam 2002 · attaque la prémisse 2Putnam conteste la séparation nette entre faits et valeurs, que Weber partage avec beaucoup de penseurs de son temps. La science elle-même repose sur des valeurs (cohérence, simplicité, précision), et beaucoup de nos mots sont à la fois descriptifs et évaluatifs (« cruel », « courageux »). On peut donc raisonner sur les valeurs avec les mêmes soins que sur les faits.
sans réponse
Putnam conteste la séparation nette entre faits et valeurs, que Weber partage avec beaucoup de penseurs de son temps. La science elle-même repose sur des valeurs (cohérence, simplicité, précision), et beaucoup de nos mots sont à la fois descriptifs et évaluatifs (« cruel », « courageux »). On peut donc raisonner sur les valeurs avec les mêmes soins que sur les faits.
LLeo Strauss 1953 · attaque la prémisse 4Si la science ne peut pas distinguer le bon du mauvais, elle ne peut pas condamner un régime monstrueux autrement qu'en disant « je ne l'aime pas ». Le polythéisme des valeurs conduit au relativisme. Il faut retrouver l'idée d'un droit naturel, que la raison peut connaître.
sans réponse
Si la science ne peut pas distinguer le bon du mauvais, elle ne peut pas condamner un régime monstrueux autrement qu'en disant « je ne l'aime pas ». Le polythéisme des valeurs conduit au relativisme. Il faut retrouver l'idée d'un droit naturel, que la raison peut connaître.