La science peut-elle tout expliquer ?
Méthode, vérité, limites et révolutions scientifiques
La science peut-elle tout expliquer ? Les philosophes y donnent 3 grandes réponses : elle peut tout expliquer, vraie, mais pas tout et une construction humaine. AskPhilosophy présente 14 arguments, d'Isaac Newton à Alex Rosenberg, reconstruits pas à pas, testés par la logique et vérifiés mot pour mot dans leurs textes originaux.
Les 3 réponses possibles
Chaque colonne est une manière de répondre à la question : ce qu'elle soutient et les philosophes qui la défendent. Clique sur une colonne pour ne voir que ses arguments.
Tout ce qui peut être connu, la science peut le connaître ; le reste n'est que question mal posée.
Comte, Stephen Hawking, Alex Rosenberg
La science nous apprend des vérités sur le monde, mais certaines questions lui échappent.
Hilary Putnam, Max Weber, Isaac Newton, Thomas Nagel…
Les théories scientifiques dépendent d'époques, de paradigmes et de choix humains.
Thomas Kuhn, Pierre Duhem, Paul Feyerabend, Michel Foucault
Les arguments
Clique sur un argument pour le voir pas à pas, avec les objections et les réponses.
Elle peut tout expliquer
Tout ce qui peut être connu, la science peut le connaître ; le reste n'est que question mal posée.
3 argumentsLa loi des trois états
Le savoir passe par trois états : les deux premiers sont provisoires, seul l'état positif cherche les lois par l'observation.
La philosophie est morte : la science répond désormais aux grandes questions
La philosophie n'a pas suivi les progrès de la physique : ce sont les scientifiques qui font désormais avancer la connaissance.
Le scientisme : la physique fixe tous les faits, la science répond à tout
La science est la seule voie fiable vers la vérité, et la physique ne connaît ni but, ni dessein, ni moi.
Vraie, mais pas tout
La science nous apprend des vérités sur le monde, mais certaines questions lui échappent.
7 argumentsSans réalisme, le succès de la science serait un miracle
Le succès extraordinaire de nos théories n'a qu'une explication qui ne soit pas un miracle : elles sont à peu près vraies.
La science désenchante le monde, mais elle ne dit pas comment il faut vivre
La science maîtrise les faits, mais elle ne peut pas prouver que le savoir vaut la peine ni dire comment il faut vivre.
Je ne feins pas d'hypothèses : la science établit des lois, pas les causes dernières
On a montré que la gravité existe et suit des lois ; sa cause n'a pas été déduite des phénomènes, donc elle reste hors de la science.
La science physique a laissé l'esprit de côté : elle ne peut pas tout expliquer
La physique s'est construite en écartant l'esprit ; or la conscience existe, donc sa description du monde est incomplète.
Une théorie est scientifique si elle peut être réfutée
Mille cygnes blancs ne prouvent pas que tous le sont, mais un seul cygne noir le réfute : seule la réfutation possible est décisive.
L'intelligence est faite pour la matière, pas pour la vie
L'intelligence est faite pour fabriquer : elle découpe et fixe, donc elle saisit la matière mais laisse échapper la vie qui bouge.
Le mystère éternel du monde, c'est qu'il soit compréhensible
Nos concepts sont des créations de l'esprit, et pourtant le monde s'y laisse ordonner : la science suppose ce fait, elle ne peut pas l'expliquer.
Une construction humaine
Les théories scientifiques dépendent d'époques, de paradigmes et de choix humains.
4 argumentsLes révolutions scientifiques : changer de paradigme, ce n'est pas démontrer
Deux paradigmes rivaux n'ont ni les mêmes critères ni le même vocabulaire : aucune preuve neutre ne peut donc trancher entre eux.
Une expérience ne condamne jamais une hypothèse seule : le holisme de Duhem
Une prévision repose sur tout un ensemble d'hypothèses : si elle échoue, la logique ne dit pas laquelle est fausse.
Contre la méthode : aucune règle n'a fait le progrès de la science
Toute règle de méthode a été violée un jour, et ces violations ont été nécessaires au progrès de la science.
Savoir et pouvoir s'impliquent l'un l'autre : la vérité est « de ce monde »
Tout savoir suppose des rapports de pouvoir, et la vérité n'est produite que sous contraintes : le savoir n'est pas un reflet neutre.
Les positions des autres philosophes arrivent au fil des fiches. Aucune position n'est présentée comme gagnante.