La philosophie est morte : la science répond désormais aux grandes questions
« La philosophie est morte »
Les grandes questions sur l'univers et sur notre existence relèvent désormais de la science, et non plus de la philosophie.
La philosophie n'a pas suivi les progrès de la physique : ce sont les scientifiques qui font désormais avancer la connaissance.
« La philosophie est morte : la science répond désormais aux grandes questions » est un argument de Stephen Hawking (Hawking et Mlodinow, The Grand Design, 2010, ch. 1) sur la question « La science peut-elle tout expliquer ? » (réponse : elle peut tout expliquer). Sa thèse : Les grandes questions sur l'univers et sur notre existence relèvent désormais de la science, et non plus de la philosophie. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Pendant des siècles, « pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » et « pourquoi existons-nous ? » ont été des questions de philosophes. En 2010, le physicien Stephen Hawking et son co-auteur Leonard Mlodinow ouvrent un livre grand public en déclarant que la philosophie est morte, parce qu'elle n'a pas suivi la physique moderne. Selon eux, ce sont maintenant les scientifiques qui portent le flambeau. Le livre veut montrer que la physique peut répondre à ces questions sans invoquer un créateur. Est-ce un constat sur l'état des connaissances, ou une phrase de conférencier ? Et ce livre peut-il vraiment se passer de philosophie ?
clique sur une prémisse pour la rejeter
Sans la prémisse implicite : Sans P4, on peut accepter que la philosophie soit en retard sur la physique et que la physique avance sur l'origine de l'univers, tout en gardant des questions que la physique ne traite pas : qu'est-ce qu'une explication, que signifie « exister », pourquoi ces lois ? Le retard d'un côté ne vide pas la question.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
CChristopher Norris 2011 · attaque la prémisse 2Norris, philosophe, répond que le livre de Hawking fait lui-même de la philosophie, sans le dire. Son « réalisme dépendant du modèle » (une théorie physique est un modèle, et on ne peut pas comparer le modèle à une réalité indépendante) reprend, selon lui, des débats de la philosophie des sciences depuis Kant. Si Hawking accuse les philosophes d'ignorer la science, on peut lui répondre qu'il ignore la philosophie : c'est un « tu quoque ».
Hawking répond
Norris, philosophe, répond que le livre de Hawking fait lui-même de la philosophie, sans le dire. Son « réalisme dépendant du modèle » (une théorie physique est un modèle, et on ne peut pas comparer le modèle à une réalité indépendante) reprend, selon lui, des débats de la philosophie des sciences depuis Kant. Si Hawking accuse les philosophes d'ignorer la science, on peut lui répondre qu'il ignore la philosophie : c'est un « tu quoque ».
Ludwig Wittgenstein 1921 · attaque la prémisse 3Wittgenstein écrit que, même si toutes les questions scientifiques possibles recevaient une réponse, les problèmes de la vie ne seraient pas touchés. Pour lui, ce n'est pas comment est le monde qui pose question, mais qu'il soit, et cela ne s'explique pas par un fait de plus dans le monde. Ce n'est pas une réplique à Hawking, qui n'a pas eu lieu : c'est une raison de douter de P3.
sans réponse
Wittgenstein écrit que, même si toutes les questions scientifiques possibles recevaient une réponse, les problèmes de la vie ne seraient pas touchés. Pour lui, ce n'est pas comment est le monde qui pose question, mais qu'il soit, et cela ne s'explique pas par un fait de plus dans le monde. Ce n'est pas une réplique à Hawking, qui n'a pas eu lieu : c'est une raison de douter de P3.
Lawrence Krauss 2012 · attaque la prémisse 3Le débat sur le livre de Krauss, qui défend la même idée en 2012, est le même : le « rien » dont parle la physique (le vide quantique) est-il le « rien » de la question ? Des philosophes de la physique, comme David Albert, répondent que non. Voir la page de cet argument.
sans réponse
Le débat sur le livre de Krauss, qui défend la même idée en 2012, est le même : le « rien » dont parle la physique (le vide quantique) est-il le « rien » de la question ? Des philosophes de la physique, comme David Albert, répondent que non. Voir la page de cet argument.