L'éthique ne peut pas se dire
L'éthique ne peut pas s'exprimer : ses phrases ne sont pas fausses, elles sont, au sens strict, dépourvues de sens.
Les mots ne disent que des faits, et aucun fait ne contient une valeur absolue, qui est l'objet de l'éthique.
« L'éthique ne peut pas se dire » est un argument de Ludwig Wittgenstein (Conférence sur l'éthique (1929) ; Tractatus, 6.42-6.421) sur la question « Qu'est-ce qui est bien ? » (réponse : la morale en question). Sa thèse : L'éthique ne peut pas s'exprimer : ses phrases ne sont pas fausses, elles sont, au sens strict, dépourvues de sens. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 3 prémisses. AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Dans le Tractatus, Wittgenstein écrit qu'« il ne peut y avoir de propositions éthiques ». En 1929, dans sa seule conférence grand public, il explique pourquoi avec des exemples simples : un mauvais joueur de tennis, un menteur, un livre qui décrirait le monde entier. Ce n'est pas du mépris pour l'éthique : il conclut qu'il la respecte profondément. Les numéros « §n » de la conférence sont notre découpage.
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Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
G. E. Moore (Principia Ethica) 1903 · attaque la prémisse 1Le bien est une propriété simple, qu'aucun fait naturel ne définit : vouloir le réduire à un fait, c'est l'« erreur naturaliste ». Mais les jugements sur ce qui est bon en soi ont un sens et peuvent être vrais : on les connaît par intuition. L'éthique est une vraie recherche, comme le dit la définition de Moore que Wittgenstein reprend au début de sa conférence.
sans réponse
Le bien est une propriété simple, qu'aucun fait naturel ne définit : vouloir le réduire à un fait, c'est l'« erreur naturaliste ». Mais les jugements sur ce qui est bon en soi ont un sens et peuvent être vrais : on les connaît par intuition. L'éthique est une vraie recherche, comme le dit la définition de Moore que Wittgenstein reprend au début de sa conférence.
Objection anticipée par Wittgenstein attaque la prémisse 2Si certaines expériences nous poussent toujours à leur attribuer une valeur absolue, c'est que ces mots veulent dire quelque chose. La valeur absolue est un fait comme les autres : nous n'avons simplement pas encore trouvé la bonne analyse logique de nos phrases éthiques.
Wittgenstein répond
Si certaines expériences nous poussent toujours à leur attribuer une valeur absolue, c'est que ces mots veulent dire quelque chose. La valeur absolue est un fait comme les autres : nous n'avons simplement pas encore trouvé la bonne analyse logique de nos phrases éthiques.
Wittgenstein lui-même, plus tard (Recherches) 1945 · attaque la prémisse 1Le second Wittgenstein rompt avec l'idée que le langage sert toujours au même but : transmettre des pensées, « sur les maisons, les douleurs, le bien et le mal ». Si le sens d'un mot est son usage, les mots « bien » ou « devoir » ont un sens dans nos pratiques, même s'ils ne décrivent aucun fait.
sans réponse
Le second Wittgenstein rompt avec l'idée que le langage sert toujours au même but : transmettre des pensées, « sur les maisons, les douleurs, le bien et le mal ». Si le sens d'un mot est son usage, les mots « bien » ou « devoir » ont un sens dans nos pratiques, même s'ils ne décrivent aucun fait.