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PhilosophesLudwig Wittgenstein

Ludwig Wittgenstein

Les limites de mon langage sont les limites de mon monde.

Philosophie analytique1889 – 1951 AutrichePhilosophe du langageLogicienPhilosophe de l'esprit
En bref

Ludwig Wittgenstein (1889 – 1951, Autriche, Royaume-Uni) : philosophie analytique. Beaucoup de problèmes de philosophie viennent d'un malentendu sur la façon dont fonctionne notre langage. Le jeune Wittgenstein (Tractatus, 1921) trace la frontière de ce qui peut se dire : les faits du monde. Sur AskPhilosophy : 6 arguments reconstruits, 5 citations vérifiées mot pour mot dans ses textes originaux et 4 idées reçues examinées ; chaque texte porte un badge d'authenticité (écrit par l'auteur, posthume, notes d'élèves, transmis, apocryphe).

En 30 secondesBeaucoup de problèmes de philosophie viennent d'un malentendu sur la façon dont fonctionne notre langage. Le jeune Wittgenstein (Tractatus, 1921) trace la frontière de ce qui peut se dire : les faits du monde. L'éthique, le sens de la vie, Dieu sont au-delà : ils ne se disent pas, ils se montrent. Le second Wittgenstein (Recherches philosophiques, publiées en 1953) critique lui-même ce premier livre : le langage n'a pas une forme unique, un mot n'a pas d'essence cachée, son sens est son usage dans nos « jeux de langage ». Dans les deux cas, la philosophie n'est pas une théorie mais une activité de clarification.
Deux Wittgenstein

Le Tractatus, écrit pendant la Première Guerre mondiale : une phrase est une image d'un fait ; ce qui n'est pas un fait ne peut pas se dire. Il pense alors avoir résolu les problèmes « pour l'essentiel ». Les Recherches philosophiques, achevées vers 1945-1946 et publiées après sa mort : le langage est une boîte à outils, fait de jeux variés liés à nos activités. Dans leur préface, il écrit avoir dû reconnaître de « graves erreurs » dans son premier livre, et souhaite que les deux soient publiés ensemble : les nouvelles pensées ne prennent leur sens que par contraste avec les anciennes.

Pourquoi il compte

Il a inspiré deux grands courants opposés du XXe siècle : le Cercle de Vienne lisait le Tractatus comme une machine contre la métaphysique ; la philosophie du « langage ordinaire » d'Oxford est partie des Recherches. Ses images sont devenues des outils de pensée : l'échelle qu'on jette après y être monté, les jeux de langage, les airs de famille, le scarabée dans la boîte, la mouche dans la bouteille.

Son époque

Né dans l'une des familles les plus riches de Vienne, il étudie l'ingénierie, puis rejoint Russell à Cambridge en 1911. Volontaire dans l'armée autrichienne en 1914, il écrit le Tractatus pendant la guerre et en envoie le manuscrit à Russell depuis un camp de prisonniers en Italie. Il donne ensuite sa fortune et devient instituteur dans des villages autrichiens. Revenu à Cambridge en 1929, il y enseigne jusqu'en 1947, mais ne publie plus aucun livre de son vivant.

Ses positions

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Dieu existe-t-il ?Dieu
AthéismeNe s'est pas prononcéThéisme
Débattu entre spécialistes

Il ne se dit ni croyant ni athée. Pour lui, « Dieu ne se révèle pas dans le monde » et le langage religieux, comme le langage éthique, essaie de dire ce qui ne peut pas se dire. Mais il refuse de s'en moquer : c'est une tendance de l'esprit humain qu'il « respecte profondément ».

D'où vient ce que nous savons ?Source de la connaissance
Empirisme (de l'expérience)Rationalisme (de la raison)
Interprétation majoritaire

Ni empiriste ni rationaliste au sens classique. La logique est connue sans l'expérience, mais elle ne dit rien du monde : ce sont des tautologies. Tout ce qui dit quelque chose du monde relève des sciences de la nature.

Peut-on atteindre des vérités certaines ?Certitude
ScepticismeCertitude possible
Interprétation majoritaire

Il ne réfute pas le scepticisme radical : il le juge « dépourvu de sens », car on ne peut douter que là où une question peut se poser. En 1918, il tient même la vérité de son livre pour « intangible et définitive », avant de la remettre en cause.

L'esprit est-il autre chose que la matière ?Esprit et corps
MatérialismeDualisme
Débattu entre spécialistes

Ni dualiste ni matérialiste : il veut dissoudre la question plutôt que la trancher. Il nie l'existence d'un « sujet pensant » dans le monde (Tractatus), puis critique l'idée que nos mots de sensation désignent des objets intérieurs privés (Recherches), tout en refusant d'être un « béhavioriste déguisé ».

Sommes-nous vraiment libres ?Liberté
Déterminisme (pas de libre arbitre)Libre arbitre
Débattu entre spécialistes

Une position à part. Dans le Tractatus, croire au lien de cause à effet est une « superstition », et le libre arbitre consiste en ceci que nos actions futures ne peuvent pas être connues maintenant. Mais le monde, lui, est indépendant de notre volonté.

Le bien et le mal existent-ils objectivement ?Statut de la morale
Antiréalisme (la morale est humaine)Réalisme moral (vérités morales objectives)
Débattu entre spécialistes

Ni réaliste ni relativiste. Aucun fait du monde n'a de valeur absolue, donc il n'y a pas de « propositions éthiques ». Mais il refuse aussi la formule de Hamlet (« c'est la pensée qui rend bon ou mauvais ») : un état d'esprit, en tant que fait, n'est pas non plus bon ou mauvais. La valeur est hors du monde.

La raison peut-elle tout juger, y compris la foi ?Foi et raison
Primauté de la foi / du cœurRaison seule juge
Débattu entre spécialistes

La raison scientifique ne peut ni prouver ni réfuter l'éthique et la religion : même si toutes les questions scientifiques étaient résolues, les problèmes de la vie ne seraient pas touchés. Ce ne sont pas des affaires de preuve.

La vie a-t-elle un sens donné ?Sens de la vie
Pas de sens donné (absurde, à créer)Sens objectif (nature, Dieu, Bien)
Débattu entre spécialistes

Le sens du monde existe peut-être, mais il est « hors du monde » et ne peut pas se dire. Ceux qui l'ont trouvé « n'ont pu dire en quoi ce sens consistait » : le problème de la vie se résout en disparaissant.

L'être humain est-il naturellement bon ?Nature humaine
Fondamentalement faible ou corrompuNe s'est pas prononcéFondamentalement bon ou perfectible
Débattu entre spécialistes

Il ne traite pas cette question dans nos textes.

Qui doit primer : l'individu ou la communauté ?Individu et société
Communauté, ordre, traditionNe s'est pas prononcéLiberté individuelle
Débattu entre spécialistes

Il n'a pas écrit de philosophie politique.

Qu'est-ce qui rend une action bonne ?Fondement de la morale
Le devoir (déontologie)Les conséquences (conséquentialisme)Le caractère (éthique des vertus)Autre (loi divine, relations, création de valeurs…)
Débattu entre spécialistes

Ni morale du devoir ni morale des conséquences : l'éthique « n'a rien à voir avec le châtiment et la récompense au sens usuel ». Elle tient à une manière de voir le monde comme un tout : « le monde de l'homme heureux est un autre monde que celui de l'homme malheureux ».