Ce dont on ne peut parler, il faut le taire
Sur la valeur, l'éthique et le sens du monde, il faut garder le silence : cela ne se dit pas, cela se montre.
Une phrase n'a de sens que si elle dit un fait possible, or la valeur et le sens du monde ne sont pas des faits.
« Ce dont on ne peut parler, il faut le taire » est un argument de Ludwig Wittgenstein (Tractatus, 4.01, 6.41, 6.54, 7) sur la question « Peut-on être certain de quelque chose ? » (réponse : ce qui échappe aux mots). Sa thèse : Sur la valeur, l'éthique et le sens du monde, il faut garder le silence : cela ne se dit pas, cela se montre. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3). AskPhilosophy présente 2 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
La dernière phrase du Tractatus est l'une des plus célèbres de la philosophie. Elle ne dit pas « tais-toi quand tu ne sais pas ». Elle trace une frontière : d'un côté, ce qui peut se dire, les faits ; de l'autre, ce qui ne peut que se montrer, la valeur, l'éthique, le sens de la vie. On la rapproche souvent de la première phrase du Tao te king (« le Dao qu'on peut dire n'est pas le Dao constant ») : l'écho est frappant, mais on ne connaît pas d'influence, et la thèse diffère. Lao-tseu parle d'une origine du monde que les noms découpent ; Wittgenstein parle de la limite de tout langage doué de sens, et ne décrit rien au-delà. C'est la thèse du premier Wittgenstein : le second la remettra en cause.
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Sans la prémisse implicite : Sans P3, l'ordinateur trouve un monde où l'éthique est hors du monde et ne peut pas être dite avec sens, mais où rien n'oblige à se taire : on pourrait continuer à avancer des thèses sur l'éthique, tout en sachant qu'elles n'ont pas de sens.
Objections
2Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Bertrand Russell, introduction au Tractatus 1922 · attaque la prémisse 1Wittgenstein « réussit à dire beaucoup de choses sur ce qui ne peut pas se dire ». C'est le signe qu'il existe peut-être une issue : ce qu'un langage ne peut pas dire de lui-même, un autre langage, qui parle du premier, pourrait le dire, et ainsi de suite, sans limite.
Wittgenstein répond
Wittgenstein « réussit à dire beaucoup de choses sur ce qui ne peut pas se dire ». C'est le signe qu'il existe peut-être une issue : ce qu'un langage ne peut pas dire de lui-même, un autre langage, qui parle du premier, pourrait le dire, et ainsi de suite, sans limite.
FFrank Ramsey 1931 · attaque la conclusion« Ce qu'on ne peut pas dire, on ne peut pas le dire, et on ne peut pas non plus le siffler. » Si les phrases sur l'éthique ou le Mystique sont vraiment dépourvues de sens, il n'y a rien derrière qui « se montre » : l'indicible n'est pas un contenu caché, c'est une absence de contenu. (Remarque écrite vers 1929, publiée en 1931 après la mort de Ramsey ; son texte n'est pas encore dans notre corpus.)
sans réponse
« Ce qu'on ne peut pas dire, on ne peut pas le dire, et on ne peut pas non plus le siffler. » Si les phrases sur l'éthique ou le Mystique sont vraiment dépourvues de sens, il n'y a rien derrière qui « se montre » : l'indicible n'est pas un contenu caché, c'est une absence de contenu. (Remarque écrite vers 1929, publiée en 1931 après la mort de Ramsey ; son texte n'est pas encore dans notre corpus.)